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Quand la médecine se la joue « scientifique » et « bienveillante »

mardi 20 novembre 2018 par Marc Girard

Le 20/11/18, un PS a été ajouté à cet article, initialement posté le 09/10/18.

RÉSUMÉ – On revient sur l’éviction de Gøtzsche de la fondation Cochrane, en contestant que les causes du scandale soient imputables à la façon dont l’industrie pharmaceutique aurait égaré les médecins de la Science. On soutient notamment que l’esprit médical s’est toujours tenu très éloigné du raisonnement scientifique et l’on prend comme exemple de cette indigence scientifique un texte récemment diffusé par l’Association Internationale pour une Médecine Scientifique, Indépendante et Bienveillante (AIMSIB). On tient pour lié à cette indigence scientifique un manque d’éthique qui rend compte, pour une bonne part, d’une incapacité à défendre la santé des gens, rendue manifeste par l’impuissance des professionnels de santé à lutter contre l’élargissement des obligations vaccinales, pourtant aussi injustifiable scientifiquement que moralement. La problématique des vaccins anti-HPV actualise la difficulté des médecins à maîtriser leur inconscient dès qu’ils sont confrontés aux femmes : on rappelle que cette difficulté renvoie justement à la morale, et qu’elle ne date pas d’hier…

TABLE DES MATIERES

  1. Introduction - Du rififi chez Cochrane
  2. Narcisse a rendez-vous avec Diafoirus
  3. L’esprit médical
    • Manque de scientificité
    • Manque d’éthique
  4. Conclusion : Romains ou Molière ?

Introduction - Du rififi chez Cochrane

L’excellent Docteurdu16 et néanmoins ami fidèle a consacré à la crise que traverse la fondation Cochrane un article justement indigné auquel je ne peux que souscrire. Bien que n’ayant pas encore eu la disponibilité de prendre une position publique sur ce scandale, j’ai eu la surprise de découvrir que dans le forum qui avait suivi cet article, plusieurs participants avaient cru bon de se référer à des contributions personnelles concernant l’évolution de la pratique médico-pharmaceutique, justifiant de la sorte que j’y poste un commentaire. N’appartenant pas à l’espèce [1] des coucous du Net, qui envahissent sans vergogne n’importe quel forum dans la pitoyable obsession d’accréditer qu’ils seraient des acteurs significatifs du débat, j’ai spontanément limité ce commentaire à quelque 300 mots. À la relecture, il m’est venu que, plutôt hétérodoxe par rapport aux critiques convenues du système, le point de vue fort concis que j’y exprimais pouvait mériter quelques développements – d’autant plus qu’il permettait une relative synthèse de positions personnelles assez intransigeantes (mon fameux manque de « bienveillance »…) qui, nonobstant leur cohérence critique, étaient restées plutôt dispersées jusqu’à aujourd’hui.

En deux mots, le débat dans lequel je suis intervenu comportait des déplorations sur l’abandon, par la médecine, de la glorieuse voie « scientifique » qui aurait été la sienne jusqu’à ce que les agents du marketing pharmaceutique ne la fassent dérailler ; mes fidèles lecteurs étaient alors intervenus pour rappeler que, de toujours, j’avais tendu à contester la « scientificité » de la médecine – et que si problème il y avait, il fallait le chercher dans une autre direction que celle récemment inspirée par Big Pharma et ses servants.

Narcisse a rendez-vous avec Diafoirus

À titre liminaire, qu’il me soit permis de rappeler que ce n’est pas d’hier que j’ai recommandé de prendre les revues Cochrane [2] avec un minimum de pincettes : voici bientôt vingt ans, j’avais d’ailleurs eu toutes les peines du monde à publier la correspondance suivante, fort critique à l’endroit d’une revue – scandaleusement partiale – de cette vénérable fondation [3]. Il n’est donc pas exact que les revues Cochrane aient jamais concrétisé le nec plus ultra de la scientificité en médecine.

Pour aller maintenant à ce qui me paraît essentiel, il me semble que l’analyse de la situation présente résulte de deux dynamiques historiques distinctes quoique sinistrement synergiques.

  1. L’évolution fort récente (à l’échelle de l’histoire) du public vers ce que Ch. Lasch appelle « la culture du narcissisme » [4], qui rend compte d’un infantilisme hypocondriaque massif, générateur des pires médicalisations. Le rapport entre médicalisation et infantilisation va de soi et, comme le dit Michéa, grand lecteur de Lasch : « en l’absence d’adultes, on se met à faire confiance aux experts ». Quand le monde arrête de tourner au moindre borborygme et que « l’engagement » citoyen se limite à réclamer plus d’examens et plus de soins (penser aux débats actuels autour de la maladie de Lyme où les pires suppôts de Big Pharma se voient reconditionnés en critiques bienvenus d’un système dont ils sont pourtant les piliers), l’heure n’est pas à la réflexion politique : on n’a pas trop envie de s’interroger sur le financement de l’assurance maladie et, de toute façon, on attrape vite un gros rhume (qui pourrait tomber sur les bronches) quand on sort le soir aux réunions du parti ou du syndicat [5], a fortiori quand on va distribuer des tracts, coller des affiches ou défiler dans la rue…. Pour apercevoir l’infantilisme dont je parle, il suffit de feuilleter les rubriques Santé de la presse « féminine », ou de visiter un Service d’urgences avec des gamins amenés en consultation pour une température à 37,1 ; je ne dis rien de l’acharnement des gens de mon âge à mener leurs vieux parents – on se venge d’eux comme on peut… – dans une vertigineuse danse macabre rythmée par d’incessantes consultations et par des examens de laboratoires aussi innombrables qu’odieux, en règle, parfaitement inutiles [6]. L’actualité fournit une désopilante illustration de la cinglerie médicalisante qui prévaut aujourd’hui, puisqu’il s’est trouvé des gens pour ordonner, et d’autres pour réaliser une autopsie de Charles Aznavour sans susciter, apparemment, le moindre quolibet : tout le monde semble avoir intégré qu’il était essentiel de vérifier que le chanteur de 94 ans n’avait pas succombé à une complication des médicaments qu’il devait recevoir en traitement de son acné juvénile (des fois qu’en plus, il y ait eu une sinistre affaire de substitution générique derrière tout ça)…
  2. Bien plus ancien et enraciné, l’esprit médical, fondamentalement ascientifique quoi qu’on en dise et qu’on peut caractériser comme une forme de sadisme au sens psychanalytique, c’est-à-dire une incapacité radicale à accueillir les gens comme "Autre", notamment comme égal [7].

L’esprit médical

Manque de scientificité

Il n’est pas besoin d’entrer dans une discussion savante pour caractériser le manque de scientificité de la médecine. Au moment même où s’écrivaient ces lignes, je suis tombé tout à fait par hasard sur une émission où, narrant la survenue d’un récent accident vasculaire cérébral qui n’avait guère attiré l’attention des confrères consultés, Michel Onfray (qui n’est certainement pas un de mes maîtres à penser) reprochait durement à la plupart des médecins leur incapacité à reconnaître leurs erreurs. Malgré l’apparente vraisemblance du reproche sur la base de l’expérience commune, il me semble que la situation est bien plus grave que ne le décrit le médiatique philosophe : si les médecins ne reconnaissent pas leurs torts, ce n’est pas parce qu’ils sont de mauvaise foi, c’est parce qu’ils sont, par formation, prémunis contre toute confrontation au réel susceptible de leur faire pressentir que la vérité pourrait être ailleurs qu’ils ne l’imaginent.

Depuis ses tout premiers pas à la fac, le médecin est conditionné à confondre « vérité » et « ce que soutient le patron du Service où je suis » – même si les allégations dudit patron sont parfaitement antagonistes avec celles qui prévalent dans le Service voisin, a fortiori dans les livres ou la littérature [8]. Or, même si elle ne suffit pas pour caractériser comme « scientifique » une activité intellectuelle, il est évident qu’un minimum de confrontation au réel s’impose pour revendiquer quelque scientificité que ce soit [9]. D’où il ressort a contrario que la réticence voyante des médecins à accepter ce type de confrontation suffit pour exclure leur activité de quelque champ scientifique que ce soit : quoi qu’on en dise, la vieille vanne du malade « qui est mort guéri » reste d’une brûlante – et consternante – actualité, comme attesté par la moindre expérience du contentieux judiciaire [10]. Ce serait un beau sujet d’inventorier la sauvagerie des pratiques médicales (par exemple, leur farouche hostilité à l’allaitement maternel, ou encore leur prescription irresponsable de molécules telles que le Distilbène) bien avant que Big Pharma ne s’installe aux commandes [11].

Quant à comprendre la dynamique psychologique qui conduit les médecins à fuir comme la peste la confrontation de leurs fantasmes au réel, elle appellerait sans doute une interprétation psychanalytique [12] : il est narcissiquement intolérable d’admettre que les hommes meurent alors que nous les soignons, position évidemment antagoniste avec celle d’Ambroise Paré – tellement plus lumineuse et tellement plus « scientifique », à y regarder de plus près : « je le soignais, Dieu le guérit »…

L’anathème jeté par la Direction de Cochrane sur Gøtzsche et les plus éminents de ses collègues étant manifestement motivé par leurs positions critiques concernant les vaccins anti-HPV, il est utile d’actualiser mon scepticisme général sur la scientificité de la médecine par une analyse des problèmes propres à cette vaccination en particulier. À toutes fins utiles, je me permets de rappeler qu’à égalité avec mes amis C. Riva et J.P. Spinosa, j’ai – once again – une certaine antériorité sur le sujet [13]. L’intérêt d’une telle actualisation se renforce de la diffusion, sous l’égide de l’Association Internationale pour une Médecine Scientifique, Indépendante et Bienveillante (AIMSIB), d’un texte intitulé « Gardasil, la catastrophe approche » cosigné par Vincent Reliquet et Michel de Lorgeril. Disons-le avec regret (car j’ai une certaine sympathie pour les auteurs), mais sans barguigner : c’est un texte à chier, parfaitement de nature à illustrer mon propos désabusé sur l’état de la médecine.

Je ne perdrai pas de temps à réfuter point par point ce document, car son indigence intellectuelle (je ne dis même pas : scientifique) est du même ordre que celle d’un précédent texte également cosigné par les mêmes et dont j’avais pris la peine de documenter plus précisément la consternante nullité : mon agacement non dissimulé se justifiant désormais par l’exaspérante obstination des auteurs sur des positions objectivement inacceptables (on n’est pas là dans la querelle de personnes ou le conflit d’écoles, mais sur des questions de méthode, voire d’élémentaire bon sens). Pour faire vite sans donner l’impression de parler en l’air, je me contenterai de jeter un œil sur la bibliographie, essentiellement composée de liens internet, la plupart consternants de nullité : on y trouve, entre autres, un document qualifié par les auteurs « d’article très complet », signé par quelqu’un dépourvu de la moindre compétence scientifique bien que se présentant comme la « journaliste » qu’elle n’a jamais été [14], et paru dans une revue recourant préférentiellement à des auteurs néophytes [15], traitant pêle-mêle du paranormal et autres complots, sous des titres aussi inspirés que « Astrologie : c’est prouvé » ou « Rencontrer les défunts ». Amené, voici quelque temps, à codiriger un mémoire de Master dans une faculté de Droit, j’ai dû expliquer à ma jeune étudiante qu’on ne pouvait pas citer comme référence « scientifique » quelqu’un comme Sylvie Simon dont la seule formation connue fut celle de mannequin : cette mise au point n’ayant posé aucun problème chez une « débutante » (j’allais écrire, mais en vieux père et sans penser à mal : "une gamine") dépourvue de toute formation médico-scientifique qui s’est facilement rangée à mes objections, je me permet de rappeler qu’elles avaient soulevé un tonnerre de protestations indignées lorsque je les avais proférées sur le site de de Lorgeril, lequel ne craignait pas lui-même de présenter la dénommée Simon comme une autorité sur la question des vaccinations… On me permettra de juger comme consternant que des intervenants qui, en période de guerre idéologique, se posent comme leaders d’un mouvement de contestation « scientifique » en soient restés à ce type d’incompétence bibliographique [16] qu’on ne pardonnerait pas à un étudiant [17] et qui ne peut que conforter les autorités sanitaires dans leur brutalité autiste : qu’il suffise de rappeler la désinvolture de Fischer balayant, d’un revers de la main mais à juste raison, les objections concernant les sels d’aluminium dont on remarque en passant qu’elles semblent toujours préoccuper Reliquet et de Lorgeril.

Manque d’éthique

Pour garder le présent texte dans des limites de volume raisonnables, j’abandonnerai désormais la réfutation scientifique [18] pour me concentrer sur défaillances morales de la profession [19].

Il était immédiatement évident depuis que le coup de force de Buzyn visant à maximiser les ventes de onze vaccins au profit des fabricants n’était qu’un début et que, en raison de leur prix faramineux, les vaccins anti-HPV étaient les candidats les plus attendus à l’extension de l’extension des obligations. Or, dans ce contexte d’une manipulation aussi grossière que celle organisée autour de Frachon – pardon : « d’Irène » (qu’ont gobée avec ferveur les membres de l’AIMSIB jusqu’à ce que le premier élargissement des obligations vaccinales ne démasque son rôle dans cette évolution catastrophique), la seule défense imaginée par les opposants à cette nouvelle vaccination obligatoire a été d’accréditer que le dépistage par frottis serait une bien meilleure option. Il est difficile de concrétiser plus spectaculairement la sidération de l’esprit médical par rapport aux dérives qui ont motivé l’introduction du présent article.

  1. D’un point de vue scientifique, on attend toujours une démonstration convaincante, fondée sur autres choses que de vagues corrélations, des bénéfices liés à un dépistage – que ce soit du cancer du col ou d’autres pathologies. De plus, il n’est pas besoin d’être un spécialiste de santé publique pour s’interroger sur les risques proprement iatrogènes de toute procédure tant soit peu systématisée dont l’inconvénient le plus évident consiste à traiter indistinctement des individus caractérisés par une grande hétérogénéité de probabilités : le risque des Bonnes Sœurs n’est guère comparable avec celui des prostituées, et le rapport bénéfice/risque d’un dépistage ne saurait donc rester inchangé d’une population à l’autre…
  2. Mais du point de vue moral, le tableau est encore plus problématique.
  • Il est évident que l’objection la plus forte que l’on puisse adresser à toute obligation, c’est de violer l’exigence médicale du colloque singulier et d’individualisation de la prise en charge : l’expérience la plus précise que nous ayons de contraintes collectives d’inspiration sanitaire, c’est la médecine coloniale (par exemple : la lutte contre la maladie du sommeil) qui a peut-être remporté certains succès à l’échelle des populations, mais qu’on ne saurait tenir pour un modèle dès lors que l’on s’intéresse aux individus – surtout dans une perspective revendiquée de « bienveillance »… Il y a donc une préoccupante incohérence à prétendre contourner une mesure d’obligation (vaccinale, en l’occurrence) par une autre mesure d’obligation (de dépistage) [20]. Ainsi, à la première vague de "protestataires" acharnés à clamer, à l’instar de Rivasi ou de Ruffin, qu’ils n’ont rien contre les vaccins et qu’ils sont au contraire convaincus de leurs bénéfices, il convient d’ajouter celle des "opposants" à l’élargissement qui clament n’avoir rien contre les obligations et même des idées pour en introduire des nouvelles ! Dépolitisation, on disait ?
  • À côté de la violence collective liée aux dérapages prévisibles de la prévention, le principe du frottis recèle également un sacré potentiel de violence individuelle. Sur le site de Michel de Lorgeril, je ne sais plus trop à quel endroit, il s’était trouvé un seul internaute mâle pour me donner acte de la violence inhérente aux touchers intimes : alors qu’il s’agissait en l’espèce de touchers rectaux apparemment fort épisodiques, l’enjeu, avec le HPV, c’est une exploration intime renouvelée annuellement et sur des décennies. Libre à certains médecins, dont Michel, de considérer cette brutalité comme judicieuse (« pas stupide ») quand elle est supposée s’appliquer à « nos amies » [21] ; mais il y a encore, heureusement, des lieux « peuplés d’irréductibles femelles qui résistent encore et toujours » [22] et qui tiennent leur entrecuisse pour la chasse gardée d’un Chéri : à ce titre, elles n’ont nulle envie d’en abandonner l’accès à des adolescents aussi immatures que brouillons dont Martin Winckler n’est qu’un exemple [23], certes caricatural [24], mais malheureusement loin d’être isolé.

Conclusion : Romains ou Molière ?

Chez le Docteurdu16, quelqu’un avait évoqué Knock. Mais de cette pièce, on n’apprend qu’une manière de manipuler les gens, assez caricaturée et qui, de toute façon, s’est beaucoup renouvelée depuis une quarantaine d’années. Je maintiens (depuis déjà un certain temps…) que si l’on veut réfléchir vraiment à la façon dont fonctionne l’esprit médical, c’est bien et toujours au Malade imaginaire et à l’imaginaire fictionnel de la médecine (le « roman de la médecine », désormais régulièrement réactualisé par les plumes de Big Pharma, mais bien antérieur) qu’il faut revenir… Car que trouve-t-on d’inchangé dans cette pièce par rapport à la situation que l’on a décrite dans le présent article ?

  • L’implacable infantilisme de l’hypocondriaque prêt à sacrifier tous les siens à un égoïsme monstrueux, alimenté par les médecins.
  • L’indéracinable autisme des soignants, à la fois intarissables dans l’exposé de leurs théories fussent-elles grotesques (par exemple : l’aluminium…), mais résolument incapables d’affronter la moindre objection sérieuse (par exemple : l’indigence d’une bibliographie).
  • Un mépris à l’égard des femmes (entendez « nos amies », tout juste bonnes à se faire tripoter par le premier imbécile venu pour un bénéfice personnel plus que problématique), qui n’est certainement pas une spécificité de genre dans les professions de santé mais qui semble aller tellement de soi qu’il ne peut pas ne pas interpeller quant aux déterminants inconscients de notre médecine [25].

PS du 20/11/18

Par hasard, je tombe sur le post d’un des deux auteurs de Gardasil, la catastrophe approche qui impute cette fois à ma « haine » (et plus seulement à ma traditionnelle « malveillance ») les critiques que je leur ai adressées. La « bienveillance » gicle donc à jet continu chez les promoteurs d’une association vouée à la médecine « scientifique », dès lors qu’ils n’ont d’autre explication que « la haine » lorsqu’ils se voient invités à fournir la preuve de leurs allégations [26] : surtout quand ces allégations visent à promouvoir un geste abominablement intrusif et caricaturalement genré (toucher vaginal). Si la défense « des » femmes n’était pas l’une des ruses de la brutalité capitaliste les plus fructueuses pour une "société à la dérive", je devrais avoir à mon soutien toutes les féministes – dressées derrière moi… comme un seul homme.

Encore raté...

Snif !

[1] Dont le monde anti-vaccinaliste fournit d’impressionnants spécimens, soit dit en passant.

[2] Auxquelles je m’étais néanmoins référé lors de l’escroquerie « pandémique » de 2009.

[3] Meta-analysis on recombinant versus urinary follicle stimulating hormone. Human Reproduction 2000 ; 15 : 1650-1651.

[4] Champs Flammarion, 2006.

[5] Exactement contemporain de la présente rédaction (09/10/18), un article du Figaro indique qu’en France, le taux de syndicalisation est passé de quelque 30% en 1949 à 10% aujourd’hui.

[6] D’autant plus inutiles que personne ne se donne la peine d’en prendre vraiment connaissance : penser aux médecins qui n’ont même pas la décence de couper le contact quand ils pètent un coup de bagnole à l’EHPAD du coin pour signer les ordonnances qu’ils n’oublient évidemment pas de facturer « au juste prix »…

[7] J’ai aussi écrit sur le sujet il y a fort longtemps : Technical expertise as an ethical form. Towards an ethics of distance. J Med Ethics 1988 ;14:25-30. Bien qu’aujourd’hui encore, je n’aurais rien de fondamental à changer, j’avais eu également beaucoup de peine à publier ce truc – resté parfaitement inaperçu depuis.

[8] Quoique mon « fidèle » et « excellent » ami évoqué en Introduction ne soit pas d’accord avec ce point de vue, je suis désolé de redire que, pour l’immense majorité des confrères, la « révolution copernicienne » de l’evidence-based medicine se limite à l’exigence de justifier ses allégations par des sources précises, et que la difficulté manifeste de la plupart à – déjà – respecter un prérequis aussi élémentaire (qui s’imposait déjà aux historiens de l’Antiquité) en dit tristement long sur le fonctionnement mental des médecins et sur leur dépendance au leitmotiv qui a bercé leur formation : « croyez-en mon expérience »…

[9] Condition nécessaire, sinon suffisante…

[10] J’ai eu récemment l’expérience – parmi bien d’autres – d’un homme d’une soixantaine d’années, a priori en bonne santé quoique saturé de « facteurs de risque », attrait dans une prise en charge chirurgicale au nom d’une « prévention » motivée par une image radiographique vaguement suspecte mais finalement bénigne, décédé en quelques jours après l’intervention d’exérèse censément salvatrice : il n’a jamais été possible de faire entendre à la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) que tuer un bonhomme en quelques jours sous le prétexte de retarder les complications d’un cancer qui n’existait pas pouvait appeler un minimum de réparation.

[11] Je rappelle à tous les cons qui ne s’en sont pas aperçu - à commencer par les associations de victimes - que, mû par une bienveillance philanthropique, l’inventeur du Distilbène n’avait pas fait breveter sa molécule : de telle sorte qu’il est particulièrement stupide d’imputer à Big Pharma la catastrophe résultante. Les médecins n’ont jamais eu besoin de l’industrie pharmaceutique pour nuire aux gens : j’ai même soutenu à plusieurs reprises (notamment à propos de l’hormone de croissance) que la dérive mercantile de la pharmacie industrielle était plutôt liée à la contamination de l’éthique pharmaceutique par l’esprit médical, analyse qui se situe aux antipodes du discours dominant sur le monde du médicament...

[12] Au risque de réactiver l’AVC du malheureux Onfray qui porte haut son mépris pour Freud, mais sans prendre la peine de réfuter celui que Freud portait aux philosophes.

[13] M. Girard. Médicaments dangereux : à qui la faute ? Dangles 2011 ; 106-8. Sans que j’aie la moindre disponibilité pour retrouver la date de ces précédents, j’ai souvenir d’avoir abordé la question en diverses occasions télévisées, même avant la date facilement vérifiable de cette publication.

[14] Selon le biais, que j’ai déjà eu l’occasion de relever, consistant à justifier par cette dénomination fourre-tout le droit, pour n’importe qui, d’intervenir avec autorité dans le débat public.

[15] Dont certains ont été précisément ridiculisés sur le présent site.

[16] Il suffit de réfléchir un tout petit peu aux spécificités épistémologiques de la recherche clinique pour comprendre que la question des sources et de leur hiérarchisation est cruciale.

[17] Il est d’ailleurs fort significatif que, pour fondées qu’elles puissent être, les objections sur les « références » telles que celles retenues par Reliquet et de Lorgeril soulèvent les protestations les plus acrimonieuses des internautes, comme attesté par le forum qui suit leur contribution. Par la relative technicité et le minimum de culture qu’il exige, le travail de référencement (ou sa critique) impose une première barrière de compétence (il faut savoir où trouver les sources et comment les hiérarchiser) qui fait immédiatement la différence entre celui qui connaît les fondements du problème posé et le blaireau de base omniscient qui gobe tout indistinctement et qui gueule forcément quand on lui fait remarquer qu’il n’a rien compris. Pour le dire autrement, cette exigence de référencement est un premier démenti à l’illusion démagogique de « la démocratie internet », et c’est bien ce qui la rend intolérable aux yeux de ceux qui usent Internet comme un prétexte pour prendre impunément position sur tout et sur n’importe quoi. Mon propre travail de "triage bibliographique" - sélectionner ceux des livres ou articles que je vais lire effectivement - commence toujours par jeter un oeil sur la bibliographie citée.

[18] C’est un constat auquel m’avait amené l’expertise judiciaire que plus une argumentation (telle que celles concoctées par les avocats ou les juges) est scientifiquement nulle, plus c’est long de la réfuter : précisément parce que, normalement, l’exercice d’une activité scientifique présuppose un certain nombre de façons de faire ou de méthodes qui vont de soi pour n’importe quel initié (par exemple : la vérification des sources), et qui font cruellement défaut en médecine (« croyez-en mon expérience »…)

[19] À tort ou à raison, je n’ai jamais été très intéressé par les subtils distinguos entre « morale » et « éthique » : le lecteur n’aura aucune peine à apercevoir le fondement philosophique du développement qui va suivre.

[20] L’efficacité d’un dépistage dépend forcément de sa mise en œuvre à l’échelle collective, et à supposer que cette efficacité soit vraiment démontrée, le risque serait immense de voir les autorités l’imposer d’une façon ou d’une autre – surtout par les temps qui courent…

[21] On parlait plus haut de la difficulté des médecins à reconnaître les patients comme des égaux…

[22] Citation connue…

[23] La Brutalisation…, pp. 65-79.

[24] Qui enthousiasme les féministes – curieusement…

[25] La Brutalisation…, pp. 17-8.

[26] Je rappelle que mon article supposé suinter « la haine » déplore qu’evidence-based medicine ou pas, rien n’indispose plus un médecin français que de se voir sommé de fournir les références justifiant ses allégations : nous voyons ici une nouvelle illustration de cet archaïsme mental, clairement diafoiresque.


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