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Rapport Fischer (nov. 2016) sur les obligations vaccinales : la propagande comme cas d’école

dimanche 18 juin 2017 par Marc Girard

Un visionnage aussi bref que partiel de la vidéo supposée présenter les conclusions de la commission Fischer a confirmé, au-delà de toute attente, mon analyse de cette commission comme simple opération de propagande – d’ailleurs fort piètre. D’où un post-scriptum du 17/06/17, suivi, le lendemain même, d’un autre PS.

RÉSUMÉ – À l’instigation bienvenue d’un fidèle lecteur, on s’attache ci-après à analyser la rhétorique par laquelle le rapport Fischer (nov. 2016) aboutit à la conclusion prévisible et prévue qu’il convient d’élargir les obligations vaccinales. En suivant le rapport ligne à ligne tout en se concentrant sur l’essentiel, on constate que les auteurs sont tellement pressés de présenter comme « conclusions » les présupposés indigents qui ont présidé à la mission Hurel et à ses suites non moins prévues, qu’ils se dispensent de discuter avec un minimum de sérieux les bénéfices de « LA » vaccination, ses effets indésirables (forcément exceptionnels), la notion de « couverture vaccinale » satisfaisante, l’intérêt additionnel des obligations… En parallèle, ils ne s’attardent pas non plus sur tous les précédents de nature à justifier la méfiance croissante à l’endroit des recommandations vaccinales officielles : épidémie de scléroses en plaques, escroquerie "pandémique", corruption des experts (voire des responsables politiques), information mensongère jusqu’au ridicule… On s’interroge, pour conclure, sur les ressorts d’une propagande aussi inepte que répétitive, et sur la pauvreté intellectuelle de la résistance à la criminalité médico-pharmaceutique dont les vaccinations sont l’un des modes opératoires les plus payants.

Table des matières

  1. Introduction
    • Ce qu’il faut savoir sur les vaccinations
  2. La couverture vaccinale en France
  3. Recommandations pour améliorer la confiance dans les vaccins
  4. Références (du rapport)
  5. Au total et pour résumer
  6. Conclusions

À juste titre alarmé par les projets d’élargissement des obligations vaccinales, un correspondant parmi les plus fidèles m’écrit : « Jusqu’à présent, je n’ai lu aucun article nulle part reprenant intelligemment et précisément le détail du contenu du rapport Fischer ». C’est probablement exact (quoique je n’aie pas inventorié la littérature à ce sujet), bien que des éléments de réfutation soient disponibles çà et là sur le présent site. Dans les lignes qui suivent, je me propose de me concentrer plus spécifiquement sur ce rapport, et de la façon la plus synthétique possible : pour éviter les développements trop longs ou trop techniques, on essaiera, en particulier, de garder le cap d’une évaluation de crédibilité – c’est-à-dire d’une critique fondée sur des arguments de cohérence et de bon sens permettant à n’importe quel profane de se réapproprier son droit d’opinion (en esquivant le piège d’avoir à choisir son camp dans des querelles « d’experts » – ou de supposés experts [1]). Mon commentaire ci-après suit, pas à pas et sans autre souci d’organisation, le fil du rapport Fischer.

Introduction

Pour Fischer & Co, « la vaccination » serait une « avancée majeure en matière de santé publique » (p. 5). Cependant :

  1. Lorsqu’on en arrive à la question cruciale des preuves, le rapport n’a d’autres références que le « jury de citoyens » (dont on a eu l’occasion de commenter la composition) : les adeptes de l’evidence-based medicine apprécieront…
  2. Si « la » vaccination considérée globalement était une réalité technico-scientifique plus qu’un argument de propagande, il faudrait inscrire au passif de cette « avancée majeure » les retraits qui ont marqué l’histoire « des » vaccins : celui du DTP, par exemple, ou encore celui de Pandemrix… Faudrait-il comprendre qu’il en va de « l’avancée majeure » due AU vaccin comme de LA fidélité conjugale (en principe toujours prescrite par la loi – au moins française) : il y a des coups de canif, mais tout le monde s’en fout ?

« Une couverture vaccinale insuffisante » (p. 5) : s’il existe des critères de couverture vaccinale scientifiquement validés, comment expliquer la variabilité des schémas de rappels (attestée par celle du calendrier vaccinal), décidée dans des délais évidemment trop brefs pour intégrer les résultats d’études épidémiologiques sur le long terme, seules capables d’objectiver le bien-fondé d’une telle couverture ?

« Environ 40% des Français déclarent en effet douter aujourd’hui de la sécurité des vaccins » (p. 5) : comment concilier la réalité non contestée d’un tel pourcentage (supérieur à celui des électeurs inscrits qui ont voté pour Macron – pourtant présenté comme une innovation thérapeutique majeure…) avec l’assertion qui précède de quelques lignes que « la grande majorité de la population reste très favorable ou favorable à la vaccination ». À supposer que les Français qui ne doutent pas « de la sécurité des vaccins » soient – en bloc – tous « très favorables ou favorables à LA vaccination » [2], 60% est quand même loin d’une « grande majorité »…

Devant de telles inepties rhétoriques (surtout sous la signature d’un Professeur au Collège de France), une question surgit immanquablement : ce rapport ne serait-il pas une simple opération de propagande ?...

Question d’autant plus pertinente qu’avant même d’aborder – oh ! très succinctement – le chapitre des bénéfices (p. 7), puis des « effets indésirables » (p. 7 – toujours…), il a été posé comme une évidence (p. 5 – encore…) que « la confiance dans la vaccination et les vaccins » devait « se rétablir » [3] et qu’il convenait DONC d’identifier « les leviers de l’action publique pour y parvenir » : il est fascinant de voir à l’œuvre le mécanisme d’un raisonnement « citoyen » guidé par un professeur au Collège de France qui, dès la première page du rapport [4], pose la conclusion comme allant de soi. Propagande, on disait ?

Ce qu’il faut savoir sur les vaccinations

« Les vaccins sont des médicaments » (p. 7) : ce qui est précisément reproché à certaines vaccinations – notamment Gardasil –, c’est de contourner la réglementation normalement en vigueur sur les médicaments…

« On qualifie d’« événements indésirables » tout événement survenant dans les minutes, jours, semaines ou mois après une vaccination » (p. 7) : nous qu’on croyait comme des cons que les effets des vaccins étaient supposés s’exercer durant des années, voire à vie pour certains d’entre eux…

« La confusion entre les « événements secondaires et les effets indésirables est une source de controverses et de polémiques » (p. 8) [5] : qui a introduit cette bipolarité effectivement stupide, laquelle interdit toute évaluation sérieuse de tolérance ? Sous l’influence de qui ?

« Les effets indésirables les plus fréquents sont identifiés pendant le développement clinique d’un vaccin » (p. 8) : mais à condition que ce développement clinique ne soit pas court-circuité par une procédure de fast track (approbation accélérée) comme ce fut le cas avec Gardasil

« La question des adjuvants » (p. 8) : une fois encore, un grand bravo aux anti-vaccinalistes et aux promoteurs de la myofasciite à macrophages pour avoir occulté l’énormité parfaitement documentée des récents scandales vaccinaux (hépatite B, H1N1, HPV, DTP, etc.) derrière des questions d’adjuvants, vagues et plus que contestables. Il est flagrant que les plus vulgaires (au sens étymologique) des propagandistes vaccinaux, tels que les auteurs de ce rapport, n’ont besoin que de 4 pages pour se précipiter sur cet argument idiot et se payer le luxe de le réfuter : quand on n’est pas capable d’argumenter décemment, c’est toujours un soulagement de pouvoir réfuter plus nul que soi [6]...

« Peut-on vacciner les nourrissons ? » (p. 9) : of course, mais sous réserve d’avoir mis en place toutes les études qui s’imposent dans cette sous-population habituellement surprotégée par la réglementation pharmaceutique (sauf quand il s’agit de vaccinations – ou de médicaments susceptibles de rapporter gros à leur fabricant), en évitant de rapporter les morts subites à la-faute-à-pas-de-chance, l’explosion des désordres immunitaires à de vagues facteurs environnementaux ou à un « événement » indésirable (cf. ci-dessus) et, last but not least, en démontrant – et sur le long terme – que le mieux sanitaire théorique [7] dû à ces vaccinations est à la hauteur du coût pour la « solidarité nationale ».

La couverture vaccinale en France

« États des lieux » (p. 11) : compte tenu du masochisme grotesque avec lequel les autorités sanitaires françaises s’enferrent chaque année dans le ridicule quand elles essaient de quantifier la morbi-mortalité liée à la bête grippe saisonnière [8], peut-on raisonnablement penser que notre pays dispose d’outils épidémiologiques assez fiables pour dénombrer le nombre de citoyens effectivement vaccinés ? Jusqu’à preuve du contraire, la réponse est : NON.

« Les origines de la défiance » (p. 11) : parmi les origines de cette défiance que les auteurs du rapport se font fort se réfuter en un tour de main, on relèvera tout particulièrement « la question des adjuvants » (p. 12), « l’affaire Médiator » (p 13), des indemnisations parfaitement justifiées malgré une médiatisation irresponsables des associations ou les critiques non moins irresponsables de pseudo-experts se posant comme au-dessus des partis quoique objectivement manipulés (comme attesté par leur bibliographie indigente ou par l’effrayante inconscience qui les conduit à rétrograder à de simples "maladresses" les vertigineux scandales de l’hépatite B ou du H1N1) : toutes problématiques qui ont dûment été analysées sur le présent site comme de faux problèmes juste bons à conforter l’arrogante assertivité des promoteurs du tout vaccinal. On notera, en revanche, le mutisme assourdissant du rapport concernant quelques-unes des vraies raisons qui alimentent la méfiance croissante des citoyens :

  • hépatite B : jusqu’au début des années 1990, presque personne – même chez les professionnels de santé – n’avait jamais vu de sclérose en plaques, alors qu’aujourd’hui, même le boulanger ou le plombier du coin sont capables de citer des cas dans leur entourage…
  • pandémie H1N1 : même si les anti-vaccinalistes ont conforté Bachelot dans ses grotesques dénégations (en détournant la question centrale d’une mystification politico-médiatique sans précédent vers celle, bien plus problématique, des adjuvants), suffisamment de documents pertinents ont été mis à la disposition du public pour attester que « l’alerte » pandémique a résulté d’une manipulation médiatique organisée par les fabricants, avec l’appui des plus éminentes instances de la santé publique – dont l’Organisation Mondiale de la Santé [9] ;
  • liens et conflits d’intérêts : dès 2002 (cf. PJ), très avant tous les « lanceurs d’alerte » et continûment ensuite, l’auteur de ces lignes a dénoncé la corruption des experts de l’administration sanitaire, tout en ne cessant de dénoncer comme fallacieuses les réassurances béates visant à crédibiliser que grâce à la Torpille de Brest [10], le scandale des conflits d’intérêts relèverait maintenant d’un passé révolu (alors qu’il se pose désormais ouvertement au niveau des plus hauts responsables de l’État).

Recommandations pour améliorer la confiance dans les vaccins

On s’énerve vaguement d’avoir dû attendre une dizaine de pages pour en arriver là, quand il était évident d’emblée que tel était bien le seul objectif de ce rapport « citoyen », obtenu après analyse soigneuse – et, faut-il le préciser, objective – des contributions obtenues au moyen d’une « concertation » qui a permis « à chaque citoyen [11] de donner son opinion ». On rappelle que ledit objectif – renforcer les obligations vaccinales – était déjà évident dès le lancement par Marisol Touraine d’un « débat national » bien plus d’un an auparavant. Ça prend toujours un peu de temps de réunir les intéressés [12] autour d’un piège à cons, mais ça finit par payer : à preuve, ce rapport Fischer, ainsi que le passage de relais avec le nouveau ministre de la santé…

Qu’elles soient considérées isolément ou dans leur ensemble, les recommandations de ce rapport apparaissent effrayantes – et d’autant plus que comme démontré ci-dessus, elles avaient été fixées d’avance et qu’elles ne reposent sur RIEN de sérieux.

  • Recours aux « experts » (p. 14) rendus évidemment transparents grâce à la karcherisation des déclarations d’intérêts O-BLI-GA-TOI-RES, dont le principe a été arrêté depuis plus de 20 ans et régulièrement renforcé depuis, à l’instigation de la vaillante Rascasse de Brest [13].
  • Diffusions des informations scientifiques « même lorsque celles-ci sont sujettes à controverse » (p. 14) et en s’appuyant notamment sur le fabuleux potentiel d’Internet : entendez, en gros, abolition de toute limite (et, notamment, de toute sanction judiciaire) concernant la publicité mensongère des fabricants et de leurs affidés.
  • Implication des instances scolaires à fins de décervelage précoce (p. 18) : on a déjà une expérience consistante de la chose [14] et on nous annonce avec des mines gourmandes qu’on n’a encore rien vu. À Jean Zay de se retourner dans sa tombe si ça lui chaut [15].
  • Autorisation de vacciner élargie bien au-delà les médecins prescripteurs (p. 19), suggérant implicitement que vacciner serait un acte plus ou moins anodin : pas sûr que ce laxisme réglementaire à l’endroit d’un « geste vaccinal, acte médical à part entière » – pour parler comme Kouchner quand il est revenu aussi piteusement que précipitamment sur l’intérêt des campagnes vaccinales scolaires, en 1998 – soit de nature à rétablir « la confiance » (p. 5) chez les citoyens.
  • Mise en place d’une « pharmacovigilance active » et d’un « registre des vaccinations » pour la détection d’effets indésirables « rares » (p. 26) :
    • on fait quoi des effets indésirables fréquents ?
    • c’est quoi la limite du « rare » en recherche clinique [16] – surtout dans une quantification forcément relative d’un rapport bénéfice/risque ?
    • comment se fier à quelque nouveau système de surveillance que ce soit quand le seul déjà en place (le VAERS) se voit systématiquement décrédibilisé par les autorités dès qu’il suggère un risque vaccinal ?
  • « Prise en charge intégrale de l’achat de vaccins par les régimes obligatoires de l’assurance maladie » (p 32) : on est bien dans le détournement de la solidarité nationale vers un système de « rançonnement des pauvres au bénéfice des riches » [17].
  • Comme attendu, Fischer & Co ne font aucun effort pour justifier, avec un minimum de décence intellectuelle, l’intérêt additionnel d’obligations vaccinales que la France est le seul pays développé à imposer : on peut rêver plus rigoureux, que ce soit d’un point de vue scientifique, politique ou économique.
  • Etc.

Références (du rapport)

Je ne résiste pas au plaisir de commenter brièvement la section Références [18] de ce rapport (pp. 37-8), à elle seule indicateur convaincant de la nullité et de l’incompétence de ceux/celles qui l’ont mise au point : aucune stratégie reconstituable de recherche, amalgame confus de sources primaires/secondaires/tertiaires, de communiqués des autorités sanitaires et de documents plus ou moins promotionnels n’ayant évidemment pas fait l’objet d’une revue par des pairs (référence 2, 3, 12, 15, 16, 17, 19, 23, 24, 25, 28), signatures par des auteurs dont les liens avec les lobbies vaccinaux sont notoires...

C’est de l’evidence-based medicine ou je ne m’y connais pas…

J’adore aussi la référence 13 consacrée à la diphtérie en Ukraine [19]. D’où mon seul regret, mineur il faut le reconnaître : je n’ai rien trouvé sur mon sujet de prédilection – la place du chandelier à sept branches dans la liturgie byzantine –, mais j’ai bon espoir que ce regrettable oubli sera corrigé à la prochaine publication du même rapport (sachant qu’avec les autorités françaises et leurs « experts », c’est toujours le même rapport dès qu’il s’agit de justifier n’importe quelle vaccination, si incongrue soit-elle)…

Au total et pour résumer

Il y a, dans les recommandations de ce rapport Fischer (implacablement arrêtées après consultation « citoyenne » de toutes les parties, couillons et anti-vaccinalistes inclus…), largement de quoi alimenter les angoisses complotistes et, par voie de conséquence directe, les dénégations condescendantes des responsables sanitaires – partant, la décrédibilisation de toute contestation sérieuse.

Comme je l’ai déjà indiqué en temps utile, j’avais, d’emblée et spontanément, classé mes documents sur la « mission Hurel » dans mon dossier Propagande : il n’y a donc rien pour me bouleverser dans les conclusions de Fischer & Co, pressenties depuis le début et bien avant le choix d’un Professeur au Collège de France pour crédibiliser ce nouvel inconcevable en matière d’ineptie, d’incompétence [20], et de mauvaise foi.

Pour le reste, je n’ai pas de boule de cristal et serais bien incapable de dire ce qui va se passer précisément, sachant que :

  • la France a bien d’autres inclinaisons totalitaires, à commencer par « l’état d’urgence » dont nous avons été assez peu nombreux à annoncer la perspective au moment où le politiquement correct était à l’unanimité douloureuse dans le recueillement derrière une belle brochette de tyrans ou d’imbéciles ;
  • dans notre « roman national » tellement à la mode tous ces derniers temps, le meilleur moyen de stimuler la désobéissance citoyenne est encore d’inventer des obligations.

J’en déduis que si le rapport Fischer ne dispose pas encore des clés pour nous imposer une systématique digne du Meilleur des mondes, du moins élargit-il la possibilité pour les autorités de recourir à l’arbitraire, selon une propension également très repérable dans le « roman national » du pays des droits de l’homme…

Conclusion

Je fais partie des gens privés de tout horizon universitaire pour la raison que, prononçant une conférence à Aix-en-Provence, je suinte d’angoisse à l’idée qu’un auditeur puisse avoir déjà entendu n’importe lequel de mes propos à l’occasion d’une conférence prononcée à Lille cinq ans auparavant… Rétrospectivement, je me rends compte que cette phobie de la redite plombe singulièrement l’efficacité d’un engagement où, avec la subtilité d’un rouleau compresseur émancipé par les forces de police, mes adversaires n’ont aucune inhibition à reprendre sans cesse les mêmes inepties proférées à l’identique au point qu’on finit par SE sentir ridicule de les réfuter une fois encore : la seule originalité de Fischer & Co, c’est d’avoir réussi à accréditer que leur torche-cul résultait d’une consultation « citoyenne » et, n’ayons pas peur des mots, d’un débat démocratique.

Sans le moins du monde chercher à insulter quiconque par des analogies excessives, force est de constater, pièces en mains, qu’on est bien là - au simple niveau de la rhétorique - dans la pure tradition propagandiste. Comme le disait Goebbels en 1925, « Le moteur d’un mouvement idéologique n’est pas une question de compréhension mais de foi (…) Pour son sermon sur la montagne, le Christ n’a donné aucune preuve. Il s’est contenté d’émettre des affirmations. Il n’est pas nécessaire de prouver ce qui est une évidence » (c’est moi qui souligne) – sachant de toute façon que, comme le soutenait cette fois le maître à penser du dénommé Goebbels : « les grandes masses sont aveugles et stupides ». Force est de constater que les promoteurs des obligations vaccinales ne ressentent aucun besoin de prouver « ce qui est une évidence » au point d’en faire leur première phrase : « La vaccination est, à côté de l’hygiène publique, un pilier historique de l’action contre les maladies infectieuses (…) une avancée majeure en matière de santé » [21]. Et sauf à tenir les Français pour « aveugles et stupides », je ne vois vraiment pas comment il est possible de prétendre que la « grande majorité » d’entre eux resterait « très favorable » à la vaccination tout en soutenant simultanément que 40% d’entre eux doutent de la sécurité des vaccins…

Cependant et comme je l’ai souvent souligné sur le présent site, la persistance d’une propagande aussi minable n’est pas imputable aux seuls promoteurs de la vaccination : dans l’implacable logique de récupération propre au néocapitalisme, elle se nourrit également du narcissisme irresponsable des « opposants » au système – anti-vaccinalistes et propagandistes des médecines « douces/ alternatives » au premier rang.

Pour être complet et terminer sur une note un peu philosophique, il faut également reconnaître que la déprimante vulnérabilité des contemporains à la criminalité médico-pharmaceutique doit beaucoup à l’impact exorbitant de Michel Foucault [22] dont les dénonciations aussi vives que vagues ont, pour l’essentiel, compromis depuis un demi-siècle une vraie critique du pouvoir médical. Alors que tout à ses obsessions probablement névrotiques [23], le philosophe censément historien (comme par hasard fils de médecin) dénonçait du « pouvoir » partout sans jamais être capable de le caractériser de façon tant soit peu opérationnelle [24], il est facile de dénoncer nommément ceux qui nous menacent en cette espèce précise : les fabricants de vaccins et leurs relais – aussi aisément identifiables que désespérément puissants – auprès d’autorités sanitaires rendues interchangeables par leur docilité aux forces de l’argent.

« En cette espèce précise », certes, mais on pourrait caractériser les instances de tyrannie contemporaine aussi précisément en d’autres espèces non moins préoccupantes : le nucléaire et les énergies fossiles, l’agro-alimentaire, les banques et leurs drones, les politiciens intéressés par l’argent et tellement vulnérables aux lobbies (suivez mon regard) - pour ne citer qu’eux... Qu’on me pardonne d’avoir tenu à le rappeler à la veille d’élections dont le résultat s’annonce catastrophique pour notre pays : rendez-vous dans cinq ans…

PS du 17/06/2017

Si j’en crois Le Grand Robert, le terme « propagande » s’introduit dans la langue française en 1689 seulement, pour désigner l’institution destinée à la propagation de la foi catholique. Je l’ignorais probablement, mais je n’ai pas attendu cette vérification lexicographique pour rétrograder à une simple « guerre de religions » les débats qui opposent promoteurs des vaccinations et anti-vaccinalistes, aussi bornés les uns que les autres. On trouvera sur le présent site de nombreux exemples des inepties réciproques qui permettent de renvoyer dos à dos les « anti » et les « pros ».

Un coup d’œil pressé sur l’enregistrement de l’interminable (2 h…) « débat » (n’ayons pas peur des mots, mon Cher Kim) destiné à présenter les « conclusions du rapport concernant la concertation citoyenne sur la vaccination » [25] permet de confirmer immédiatement ce parti pris de propagande grimé en autorité « scientifique » : en témoigne ce passage (vers 1h16) où avec l’urbanité parfaite qui préside aujourd’hui à ce genre de mascarade, Fischer balaye d’un revers de la main, en référence à l’avis de la « communauté scientifique », toute objection sur les adjuvants. Ce n’est certainement pas moi qui vais relayer la mystification de la myofasciite à macrophages et autres billevesées sur les adjuvants, mais je suis stupéfait que quelqu’un, présenté par les autorités et les médias comme un scientifique de premier plan, puisse opérer une réfutation d’espèce au nom de la « communauté scientifique » ; ce, pour au moins deux raisons profondes.

  • C’est un point d’histoire que l’on pourrait croire acquis au niveau du Collège de France que « la » science n’est pas un processus démocratique, que les progrès y sont plus souvent le fait d’individus isolés que de quelque « communauté que ce soit », et que les controverses, parfois radicales, ont scandé (et scandent toujours) la progression du savoir scientifique.
  • Mais plus encore, il est difficile d’ignorer que depuis au moins une quarantaine d’années, le socle anthropologique qui permettait de caractériser le travail scientifique s’est littéralement décomposé sous la poussée de déterminants financiers dont, tout particulièrement, la propagande vaccinale fournit un parfait paradigme. Par socle anthropologique, j’entends une communauté de valeurs incluant : le désintéressement et la capacité de résister aux pressions, un idéal (je dis bien : un idéal…) d’impartialité associé à un souci du vrai, enfin un contrôle de la communication par les pairs. Le professeur Fischer paraît ignorer que, depuis maintenant quelques décennies, des responsables parmi les plus éminents de ce contrôle (à savoir d’anciens responsables de revues aussi prestigieuses que le New England Journal of Medicine, le Journal of the American Medical Association, le British Medical Journal) ont publiquement admis avoir été menés en bateau par les lobbies qui œuvrent au génocide de la « communauté scientifique » pour imposer leurs exigences d’une rentabilité à n’importe quel prix. Que ce programme d’extermination ait été d’ores et déjà mené à bien, il y a des centaines d’articles et d’études pour en témoigner [26]. Que le Prof. Fischer l’ignore est un indicateur très défavorable – un de plus – quant à la crédibilité du « travail » accompli sous sa présidence au sujet des vaccinations obligatoires [27].

PS du 18/06/17

Je reviens sur cet échange entre Didier Lambert (président de l’association E3M qui milite pour obtenir le retrait de l’aluminium dans les vaccins) et Alain Fischer, président de la « Concertation citoyenne sur LA vaccination ». Car, à la réflexion, ces quelques minutes d’anthologie offrent une illustration très éclairante [28] (et qui dépasse largement la seule question des vaccinations) de la dérive qui conduit, en pratique, à empêcher toute discussion démocratique des vrais problèmes : d’une part – on en a suffisamment parlé sur le présent site – en imposant comme le dernier mot l’opinion manipulée d’experts de compétence incertaine mais de corruption indéniable, d’autre part en les noyant (les vrais problèmes, pas les experts hélas) dans de pseudo-débats incontrôlables sous couvert de « concertation citoyenne ». Bref, en substituant au débat démocratique de simples bavardages.

Avec l’intuition – comique parce que toute récente – d’avoir été manipulé depuis le tout début (« j’ai joué le jeu »), Didier Lambert évoque les « 41% » de Français qui auraient exprimé leur méfiance à l’endroit des vaccins en posant que, pour la majorité d’entre eux, cette méfiance concerne l’usage de l’aluminium.

  • Lambert [29] tient manifestement pour précieux le second chiffre de son pourcentage : 41%, et pas 40%. Le genre de type qui crierait à la falsification si l’on résumait les résultats de « l’étude » (en fait, un bête sondage d’opinion) en disant que « un bon tiers des Français » ont exprimé une certaine défiance [30].
  • Parfaite illustration du pitoyable égocentrisme narcissique qui inspire la plupart des activistes contemporains [31], Lambert s’est engagé dans une lutte sans merci contre l’usage de l’aluminium dans les vaccins : en conséquence de quoi, toute personne ayant la moindre objection quant au fonctionnement du monde médico-pharmaceutique est forcément opposée à cet usage de l’aluminium – d’où son 41% (qui inclue, suivez-moi bien, 100% des vaccino-sceptiques)… L’idée n’est pas près de le traverser qu’il puisse y avoir des gens (suivez mon regard…) résolument engagés dans une critique de la politique vaccinale française tout en tenant ses fantasmes aluminiques pour une mystification destinée à des sous-développés du cortex.

Fischer [32] commence, avec une parfaite urbanité, par contester que les objections des Français soient systématiquement liées à l’aluminium, ce en quoi il a parfaitement raison. Prendrait-il au sérieux le rôle de médiateur ou d’herméneute que lui confère sa prestigieuse affiliation qu’il pourrait ensuite attirer [33] l’attention de son interlocuteur – et de ses auditeurs – sur les limites d’un piètre sondage sponsorisé, déguisé en « étude » par ses sponsors. Mais il préfère se prévaloir de la « communauté scientifique », c’est-à-dire (comme je l’ai rappelé dans le PS qui précède) se cantonner sur un niveau d’argumentation dont la fausseté est facile à objectiver et qui ne surpasse en rien celle de son contradicteur.

Sauf erreur, il y a eu naguère un film intitulé « Le Dîner de cons » qui a rencontré un certain succès : grâce à la « concertation citoyenne » que nous a concoctée Marisol Touraine, nous avons désormais une référence non moins drolatique à ce que peut être un débat de cons - un débat où, pour antagonistes qu’ils puissent paraître en surface, les arguments échangés concordent par leur indigence.

« Démocratie sanitaire », comme disait Kouchner-le-pervers [34]…

[1] C’est un motif de méditation tant épistémologique que politique qu’en matière de vaccinations, il n’y ait pas vraiment de querelles « d’experts » – les opposants (encore appelés : « anti-vaccinalistes ») au discours officiel se recrutant essentiellement chez des bouffons dont la désespérante incompétence contribue, finalement, à conforter les promoteurs de vaccinations tous azimuts.

[2] Il y en a une palanquée qui s’en foutent ou qui ne se sont jamais posé la question.

[3] Ce qui entraîne forcément qu’elle a existé : l’intérêt des arguments implicites, c’est qu’ils dispensent d’une justification scientifique explicite.

[4] Elle est paginée numéro 5 à cause de la page de titre, de la table des matières et du résumé, mais c’est la première du rapport.

[5] Au passage, on relève que dans leur prétention à dominer sentencieusement un débat qu’ils ne maîtrisent manifestement pas, Fischer et son comité s’emmêlent grossièrement les pinceaux : la notion d’« événement secondaire » n’existe simplement pas dans la réglementation, la confusion – effectivement regrettable – s’opérant entre « événement indésirable » et « effet indésirable » (cf. Bonnes Pratiques de pharmacovigilance, AFSSAPS 29/08/2011.).

[6] Et c’est pourquoi les anti-vaccinalistes sont un ingrédient essentiel de la propagande vaccinaliste.

[7] Par exemple, que l’immunité post-rougeoleuse naturelle et classiquement à vie, ait été remplacée par la nécessité apparemment impérieuse de revacciner à tours de bras tout au long de la vie…

[8] Le même constat s’imposait déjà avec le dénombrement des cas d’hépatite B supposés justifier l’urgence d’une vaccination « universelle » (M. Girard. Alertes grippales, Dangles Éditions, 2009 : 203-6.).

[9] Cohen D, Carter P. WHO and the pandemic flu "conspiracies". BMJ. 2010 ;340 : c2912.

[10] Vous savez, celle qui parade fièrement dans la rade, à côté des sous-marins nucléaires…

[11] Anti-vaccinalistes inclus…

[12] Anti-vaccinalistes inclus.

[13] Vous savez, celle qui veut être plus grosse que la baleine bleue.

[14] Concernant tout autant les vaccinations que les autres abus de la criminalité médico-pharmaceutique (Conrad P, Bergey MR. The impending globalization of ADHD : Notes on the expansion and growth of a medicalized disorder. Soc Sci Med. 2014 Dec ;122:31-43.)

[15] « Les écoles doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » : il s’était limité aux « querelles » parce que l’idée d’une publicité mensongère ne l’aurait même pas traversé…

[16] Nakao MA, Axelrod S. Numbers are better than words. Verbal specifications of frequency have no place in medicine. Am J Med. 1983 1983 Jun ;74(6):1061-5.

[17] J’inclue dans ce rançonnement la prise en charge par la collectivité des rares indemnisations consenties par le système à la suite d’un accident vaccinal, ainsi que le traitement des complications vaccinales.

[18] En français, on dit plutôt "Bibliographie"... Le communautarisme a dû encore frapper.

[19] Ils n’ont probablement pas eu le temps de collecter les références en provenance des îles Fidji.

[20] Présentée avec morgue comme clarification d’une "confusion" (p. 8) qui menacerait le blaireau de base (et surtout pas un Professeur au Collège de France !), la grossière confusion de Fischer entre événement "secondaire" et événement "indésirable" illustre comiquement la dynamique de ce rapport : il ne connaît pas précisément le problème (dit du "bruit de fond"), mais il a appris sa leçon et il faut bien qu’il la ressorte... Au passage, un grand bravo aussi pour les procédures de relecture technique qui ont présidé à l’édition et à la diffusion du rapport : voilà qui en dit tristement long sur la crédibilité intellectuelle des gestionnaires de la politique vaccinale française. On n’est pas loin des "scientigourdes" à la solde des fabricants...

[21] Désolé de me répéter : j’ai bien lu The role of medicine de Thomas McKeown et n’y ai trouvé aucun élément de fait permettant d’affirmer que les bénéfices (je ne parle pas des effets indésirables !...) des vaccinations auraient pesé d’un poids majeur sur la santé publique. Et pour avoir pas mal cherché ailleurs, je n’ai trouvé aucune source sérieuse qui permette de fonder rationnellement semblable acte "de foi". Si le défi m’en était lancé (mais on ne peut pas tout faire), je n’aurais aucune peine à contrer les quelques publications internationales qui se sont ingéniées à décrédibiliser l’admirable travail de McKeown.

[22] J.M. Mondioso. Longévité d’une imposture : Michel Foucault, Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 2010.

[23] Concernant un "pouvoir" aussi écrasant qu’impossible à nommer...

[24] On pourrait transposer aux obsessions de Michel Foucault l’idée de Pascal concernant Dieu : le pouvoir, « c’est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part ». On ne va pas loin, politiquement, avec de telles caractérisations - abstraction faite de l’écho dans les médias, qui n’en sont pas à une imposture près (comme dit un vieux proverbe brestois)…

[25] On a suffisamment montré sur ce site que ces « conclusions » avaient été écrites d’avance – comme il se doit en matière de propagande (on n’imagine pas la « congregatio de propaganda fide » se demander sérieusement si Dieu existe, si les Protestants ont parfois raison ou si l’Islam est une religion intrinsèquement supérieure au catholicisme…).

[26] Je ne veux pas dire – ce qui serait particulièrement arrogant de ma part – qu’il ne se produit plus, aujourd’hui, de résultats scientifiques valables ou intéressants : je soutiens simplement qu’il ne faut plus compter sur quelque « communauté » que ce soit pour distinguer le bon grain de l’ivraie.

[27] Sachant de plus que la nullité de la communication scientifique atteint justement des sommets très faciles à apercevoir dès qu’il s’agit d’études sur les vaccinations.

[28] À l’opposé des Nouveaux Pédagogues qui, entre autres stratégies de décervelage pédiatrique programmé, ont décrédibilisé l’exercice classique de « l’explication de texte », je fais partie des gens qui pensent que l’analyse critique des mots est un préalable incontournable de toute réflexion, qu’elle soit philosophique ou scientifique.

[29] Le président d’E3M affiche répétitivement avoir été « directeur de services médico-sociaux », mais sans jamais préciser lesquels. On peut penser qu’il s’agit-là d’une formation un peu sommaire pour justifier de prendre, et bruyamment, publiquement position sur les questions technico-scientifiques atrocement pointues liées aux adjuvants.

[30] Alors que ce mode de présentation – « un bon tiers » – serait nettement plus scientifique que la fallacieuse précision des 41%, dans la mesure où il prendrait acte du même coup de l’incontournable imprécision qui pèse forcément sur les données sources d’un simple sondage…

[31] Pas seulement dans le domaine de « la santé », d’ailleurs : je connais des militants des droits de l’homme qui vous traitent comme le dernier des couards ou le roi des irresponsables si vous n’êtes pas vous-même engagé avec ferveur pour la libération du dernier pékin arbitrairement retenu dans les prisons du Mont Forel (Groenland).

[32] Qui, à la différence de son interlocuteur, affiche son affiliation à l’institution de savoir la plus prestigieuse de notre pays : le Collège de France.

[33] Position qui, soit dit en passant, a été celle spontanément adoptée sur le présent site (et avec force arguments) dès la médiatisation de cette misérable « étude ».

[34] Vous avez noté la rime ?


Documents joints

Expertise vaccination contre l’hépatite B : compte rendu APM (nov. 2002)

10 juin 2017
Document : PDF
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