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L’OMS dans la splendeur de son incompétence

dimanche 4 mai 2014 par Marc Girard

Le samedi 26/04/14, pour finir (en beauté...) cette "semaine de la vaccination" qui nous a permis d’entendre tant de bêtises effrontées de nos meilleurs-experts [1], avec la complaisance ignoble de la presse à la botte [2] et la complicité visqueuse de nos meilleurs-pervers du Parlement, j’ai brièvement participé au "Grand Journal" (Le 64 - Le monde en français) de 18h sur TV5Monde. Mon interlocuteur était JM Okwo-Bele, responsable de la division vaccins de l’OMS, retenu à Genève (d’où il intervenait en duplex) par ses responsabilités qu’on imagine éminentes à ce niveau : du lourd, par conséquent.

Pour l’instant disponible en ligne, cet échange, malgré (ou à cause de) sa brièveté (une douzaine de minutes), est extraordinairement éloquent - comme illustré par les commentaires du forum ouvert sur le site de la station (confirmés par les réactions inhabituellement nombreuses qui me sont parvenues).

Tellement éloquent que j’aurais pu en indiquer l’accès sur mon site, sans le moindre commentaire additionnel, conformément à ce qu’a été mon choix initial dans les jours qui ont suivi l’émission.

À la réflexion, toutefois, je me suis dit que la posture de mon contradicteur était tellement caricaturale qu’elle appelait un minimum de caractérisation : c’est une chose de penser "quel con !", c’en est une autre que de justifier par des données objectives une réaction aussi réflexe.

Démonstration par l’exemple.

  • J’ai déjà eu plusieurs occasions (entre autres : ICI et ) de démonter preuves en mains le mensonge qui attribue à la vaccination la réduction de la rougeole à une simple "maladie bénigne de l’enfance" (du moins dans nos contrées). Anticipant - on se demande bien pourquoi - la mauvaise foi classique en pareille matière, j’avais cette fois envisagé de me rendre sur le plateau avec en mains le très académique Précis de médecine infantile de 928 pages qui, parmi bien d’autres sources de la même honorabilité académique, documente le fait : malade ce jour-là, je me suis contenté d’apporter (et de citer avec précision) une photocopie des pages pertinentes (que le visiteur trouvera ici en pièce jointe). Elles attestent sans la moindre ambiguïté que : i/ dès les années 1970, la rougeole était considérée (du moins en France) comme une maladie "presque toujours bénigne" (p.147) ; ii/ cette maîtrise d’une maladie naguère redoutable ne devait rien à une vaccination qui était encore plus ou moins confidentielle en France (ibid et p. 153). De plus et de façon hélas prophétique, les auteurs se fendaient d’une mise en garde relative à "la durée de l’immunité acquise par cette vaccination" (p.153) : souci dont la pertinence se trouve rétrospectivement confirmée par la reviviscence de cette maladie naguère maîtrisée, qu’il est impossible d’attribuer à autre chose qu’au bouleversement écologique lié à une stratégie vaccinale irresponsable. En réponse, mon contradicteur genevois ne cherche pas à balayer mes arguments par une réfutation rigoureuse : avec une inconscience manifeste du ridicule qui consiste à s’opposer, avec tant d’arrogance, à un Français sur la situation qui prévaut en France, il se contente de les ignorer, en s’abritant derrière une évocation vague des "chiffres de l’OMS" - dont on connaît la crédibilité dès qu’il s’agit, par exemple, de recenser les cas de variole (cette maladie censément "éradiquée") au fin fond de l’Afrique [3], ou encore ceux de la "pandémie" H1N1...
  • Deuxième saillie, cette fois franchement désopilante. Avec des mines gourmandes d’instituteur indulgent s’adressant à un incorrigible cancre, mon interlocuteur s’avise de m’expliquer LE truc qui m’a manifestement échappé (et qui réduit à néant mes objections sur "l’amateurisme" propre à l’industrie des vaccins) : la PHAR-MA-CO-VI-GI-LAN-CE... Il s’avère que dans son érudition tous azimuts, mon contradicteur ignore manifestement que je pratique cette spécialité depuis plus de trente ans, que je suis l’un de ses introducteurs en France et que, bon gré mal gré, c’est celle qui m’est le plus largement reconnue [4] : au moment même où je mets en ligne la présente contribution, je reçois d’un cabinet américain une demande pressante de tiré-à-part concernant mon premier article de pharmacovigilance publié (en 1984...) dans une revue internationale, et j’apprends à cette occasion que cette contribution de jeunesse est classée là-bas par une organisation de scientifiques et de juristes impliqués dans les affaires de médicaments, parmi les “25 Adverse Drug Reactions (ADRs) Articles Every Drug and Device Lawyer Should Have” ("les 25 articles consacrés aux effets indésirables médicamenteux qui devraient être en possession de chaque juriste concerné par les médicaments et les dispositifs médicaux")...

J’ai bon espoir que les plus fidèles de mes visiteurs/auditeurs me donneront acte que ce n’est pas trop mon genre de "la ramener", comme on dit. Mais si je me suis brièvement laissé aller à l’exercice aujourd’hui, c’est là encore - et malgré les apparences - dans un esprit de désintéressement : objectiver, sur un cas précis (et que je crois bien connaître...), l’arrogance et la nullité technico-scientifique qui peuvent prévaloir chez certains des plus éminents responsables de la vaccinologie mondiale. Les deux vont de manifestement de pair, car seule une incompétence absolue peut donner le culot d’affirmer aussi péremptoirement des inepties aussi facilement réfutables : on n’est clairement pas dans l’ordre du doute méthodique, ni de la vérification, supposés inhérents à la démarche scientifique [5].

Malgré la frustration facilement compréhensible qui est forcément celle d’un esprit raisonnable au sortir d’une prestation télévisée aussi contrainte par le temps [6], c’est une bonne surprise alimentée par toutes les réactions qui sont parvenues à ma connaissance que, quasiment d’instinct, les auditeurs aient parfaitement perçu la nullité de l’argumentation qui m’a été opposée par un responsable pourtant éminent de l’OMS : l’objectif du présent article était seulement de les aider à mettre des mots et des concepts sur leur réaction heureusement viscérale [7].

[1] M. Girard (l’autre, pas moi...) : Faut-il encore se faire vacciner contre le tétanos ? Le Figaro, 14/04/14.

[2] De droite comme de gôche.

[3] Peut-être parce que, de notoriété publique, quand les meilleurs-experts de l’OMS réfugiés à Genève sont envoyés en mission dans les pays d’endémie, ils prennent rarement la peine - même s’ils en sont originaires - de s’aventurer au-delà des confortables ministères qui les accueillent ou des luxueux hôtels qui leurs sont consentis par l’institution...

[4] Pas plus tard que le 24/04/14, Le Quotidien du pharmacien - qui ne passe pas pour un critique farouche de l’industrie pharmaceutique - me consacre une longue interview où il m’était demandé de commenter les problèmes méthodologiques de la pharmacovigilance. Dans le même temps exactement, un éminent collègue indien me prie instamment d’intervenir publiquement pour contrer un article - de l’OMS, comme par hasard - consacré à la pharmacovigilance vaccinale (Vaccine 2013 ; 31 : 5041-5046) et qu’il tient pour manifestement indigent...

[5] Je n’aurai pas - moi - l’arrogance d’extrapoler à tous les experts de l’OMS la remarquable prestation de nullité technico-scientifique qui nous a été fournie par cette émission : je n’ignore pas qu’il y a là-bas des individus d’une grande expertise, mais suffisamment inconscients politiquement ou éthiquement pour accepter de travailler sous les ordres d’une hiérarchie aussi lamentable (à moins qu’ils n’aient cette autre forme de désintéressement qui consiste à mettre sa compétence au service d’une institution abominable, en se disant que ce sacrifice préserve l’institution de dérives encore plus graves)... Mais s’il s’agit de se concentrer sur un exemple dont personne ne pourra contester qu’il soit paradigmatique, je constaterai que, hormis l’assassinat d’un million et demi de poulets adjoint d’une étrange procrastination en situation d’urgence sanitaire (SRAS), rien de scientifiquement objectif ne justifie la position de Madame Chang à la direction générale de l’OMS : il est facile de vérifier qu’elle doit l’essentiel de sa distinction au vigoureux soutien de la Chine. Or, dans la mesure où, sans sacrifier à quelque idéologie xénophobe que ce soit, il n’est pas illégitime de classer la Chine à la tête des "pays voyous" en santé publique, force est de reconstituer que cette connivence patente entre la Chine et Madame Chang vaut pour une certaine convergence de vues. On est donc, avec l’OMS, dans la situation d’une organisation internationale qui se consacrerait à la lutte contre le terrorisme - en confiant son destin à un ancien bras droit de Ben Laden...

[6] Comme je n’ai cessé de le vérifier (notamment avec l’expertise judiciaire), la massue de la bêtise et de l’incompétence n’a pas besoin de temps pour s’abattre indistinctement : la réfutation, en revanche, est d’autant plus délicate et longue à articuler rationnellement qu’elle vise un message rigoureusement idiot. Rien n’est plus difficile à contredire que la stupidité et l’ignorance quand elles se présentent sous les oripeaux de "l’expertise".

[7] Postérieure à la rédaction de cet article, l’alerte Ebola est apparemment une bonne occasion pour objectiver l’incompétence de l’OMS. Quand on a un peu examiné la politique vaccinale de l’OMS, ce constat d’incompétence ne saurait constituer une surprise...


Documents joints

Précis de médecine infantile

3 mai 2014
Document : PDF
2.2 Mo

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