Site Web du Dr Marc GIRARD

Aluminium et adjuvants - II. A qui profite la mystification de la "myofasciite" ?

dimanche 25 juin 2017 par Marc Girard

RÉSUMÉ – Après avoir rappelé que la lésion « encore jamais décrite » supposée caractériser la « myofasciite à macrophages » (MFM) avait été parfaitement décrite autrefois et qu’elle n’a rien à voir avec quelque maladie que ce soit, on revient sur l’historique. Cette lésion histologique « caractéristique » d’une maladie qui se résume à une lésion histologique « caractéristique » est apparue à la fin des années 1990, dans un climat de panique liée à la conscientisation par les professionnels de santé et les autorités de santé des conséquences sanitaires du programme de vaccination « universelle » contre l’hépatite B, notamment dans les écoles. Comme parfaitement illustré par l’étude menée en étroite collaboration entre les inventeurs de la MFM et l’administration sanitaire, l’enjeu était de noyer le précédent d’une exposition au vaccin contre l’hépatite B (que l’on retrouvait spécifiquement chez 90% des premiers malades) dans de vagues soupçons concernant l’aluminium auquel, par le biais des obligations vaccinales alors en vigueur, l’intégralité de la population avait été exposée. Mais la subtilité diabolique de l’utilisation du concept par les autorités, c’est qu’en affectant d’accepter la piste aluminique, elles ouvraient la perspective d’une remise en cause globale de toutes les vaccinations et de tout temps : évidemment inacceptable par une profession parfaitement prête à se passer du vaccin contre l’hépatite B, mais certainement pas des vaccins en général, cette apparente tolérance des autorités à l’égard de la piste aluminique a donc créé les conditions d’un prodigieux renversement d’alliances et conditionné la profession médicale dans son ensemble à rejeter – le plus souvent avec violence – toute critique de n’importe quelle vaccination. La voie était donc toute tracée pour que, malgré l’expérience catastrophique de la vaccination contre l’hépatite B, bientôt confortée par l’expérience non moins catastrophique de la « pandémie » H1N1 (dont le bilan a, lui, été occulté grâce à la mystification Médiator), la profession accueille sans état d’âme le projet sinon inconcevable d’un élargissement des obligations vaccinales.

Table des matières

  1. Une innovation nosographique qui branle de partout
  2. Retour sur l’histoire
  3. Le jackpot de la piste aluminique
  4. Le jackpot de l’aluminium comme fausse piste
  5. Un débat désormais frappé d’interdiction
  6. Les retours de bâton et leur prophylaxie
  7. Conclusion

L’intérêt de la propagande médico-pharmaceutique, c’est qu’elle est tellement bête et répétitive qu’on peut l’avoir négligée durant un temps certain : on la retrouve à l’identique, juste un peu plus embourbée dans la bouse de ses incongruités, sachant que comme ne l’ignorent pas mes compatriotes de la Mayenne profonde, la bouse peut s’utiliser tout autant fraîche que séchée, selon la nature, la composition et les besoins des troupeaux qui l’ont produite. Il en va ainsi de « la myofasciite à macrophages » que j’ai abandonnée depuis plus de trois ans malgré ma promesse d’y revenir. Le visionnage du président de l’association E3M [1] se décidant enfin à lever la tête (« j’ai joué le jeu ») pour découvrir, après deux décennies de piochage acharné, qu’il se retrouve tout seul au fond d’un immense trou pendant qu’en haut, rigolent à gorge déployée ceux qu’il avait jusqu’alors fantasmés comme ses interlocuteurs (voire comme ses supporters), m’incite à penser qu’il serait quand même temps de répondre à la question qui avait servi de conclusion provisoire à ma première contribution publique [2] sur le sujet : « à qui ça profite ? ».

Une innovation nosographique qui branle de partout

Rappelons que l’entité nosographique nouvelle de « myofasciite à macrophages » a été introduite sur trois notions :

  1. une lésion histologique supposée n’avoir jamais été observée auparavant ;
  2. la présence « caractéristique » de cette lésion chez les sujets atteints de cette pathologie inédite ;
  3. une symptomatologie supposée elle aussi « caractéristique ».

Or, et comme je l’ai montré, sans jamais avoir été réfuté, dans ma précédente contribution :

  1. la lésion histologique censément nouvelle avait été parfaitement décrite bien auparavant : c’est juste que les inventeurs de « la myofasciite » l’ignoraient ;
  2. cette lésion censément pathognomonique ne se retrouvait pas chez à peu près la moitié des sujets atteints [3], tandis que personne ne s’est jamais avisé de rechercher si elle était effectivement présente chez des sujets normaux : on peut rêver plus discriminatif comme examen à visée « diagnostique » ;
  3. il n’a jamais été possible de décrire de façon tant soit peu objective une sémiologie caractéristique bien qu’elle ait été initialement présentée comme « stéréotypée » [4] chez les sujets censément atteints [5].

Qu’une innovation nosographique aussi branlante ait eu les honneurs du Lancet est une justification, parmi d’autres, pour ricaner quand le président de la « concertation citoyenne » sur LA vaccination prétend s’abriter derrière quelque consensus que ce soit de « LA communauté scientifique » : tra-LA-LA, dondaine dondon…

Mais la question n’est pas seulement académique. J’ai sous les yeux le dossier d’une travailleuse sociale qui, sur la base d’une de mes expertises (fondée sur des arguments de causalité classiques en pharmacovigilance), a pu obtenir la reconnaissance de son état en accident de travail par suite d’une vaccination contre l’hépatite B. Comme de nombreuses victimes présentant un tableau à forte dominante de fatigue chronique, sa biopsie musculaire s’est avérée négative. Ce nonobstant, l’un des plus éminents membres du GERMMAD lui a rédigé un certificat selon lequel, malgré sa négativité, "l’hypothèse du myofasciite à macrophages est plausible". Et nous qu’on croyait comme des cons, en citant le GERMMAD, que "la définition de cette nouvelle maladie est histologique". À coté de la chronologie, le certificat retient donc "la présentation clinique" comme le seul argument plaidant pour le diagnostic, alors que - toujours comme des cons -, on avait fini par croire (toujours en suivant le GERMMAD) que la symptomatologie de la myofasciite était "peu caractéristique"... On attend donc - toujours - avec le plus grand intérêt les critères de causalité du GERMMAD. Pour ne s’en tenir qu’au judiciaire, on imagine sans peine le désordre jurisprudentiel qui peut découler d’un tel débraillé nosographique.

Retour sur l’histoire

Petit retour en arrière avec l’espoir de fournir au président d’E3M les plans du piège à cons dont il a été l’un des bâtisseurs les plus empressés.

Dans un contexte de fusions internationales sans précédent (et avec la collusion des autorités de tutelle), les années 1970-80 marquent le moment où les financiers prennent fermement les commandes d’une industrie pharmaceutique qui, jusqu’alors, avaient été tant bien que mal l’apanage des chimistes, des toxicologues et des pharmaciens. Oh ! il y avait bien eu quelques dérapages parfois montés en épingle par la contestation anticapitaliste alors à la mode, mais – pour ne prendre que ces exemples – l’affaire Stalinon (deuxième décennies des années 1950), franco-française, s’était soldée par une instruction-éclair [6] débouchant sur de sévères peines de prison ferme, celle du practolol (1974-6) avait été pour le fabricant l’occasion de montrer un sens des responsabilités salué par la plupart des professionnels, tandis que le scandale des benzodiazépines [7], ardemment dénoncé (non sans quelque raison) par les censeurs post-soixante-huitards, était quand même limité par la tolérance finalement assez remarquable des composés de la classe et par leur prix somme toute modeste [8].

Grâce aux gynécologues amis-des-femmes célébrés comme « libérateurs » par des féministes dont la gratitude, dans sa profusion militante, avait noyé tout esprit critique, la contraception orale et les « traitements » (hi ! hi !) de la ménopause avaient quand même ouvert la voie pour une réorientation médico-pharmaceutique du traitement des malades vers la médicalisation des bien-portants : quoi de mieux-portant, en vérité, qu’une femme dans la splendeur de sa désirabilité – arborant avec une fierté parfois agaçante ces deux organes précancéreux qu’on appelait naguère « seins » [9] et dont l’usage a été, de nos jours, quasiment abandonné aux radiologues ?

À l’instigation des gredins à courte vue qui s’étaient substitués, dans l’organigramme des firmes pharmaceutiques, aux professionnels supposés savoir qu’on ne peut pas tout faire avec le corps humain, les vaccinations – médicaments d’action long-terme par excellence – allaient vite apparaître comme une promesse d’eldorado, surtout si l’on parvenait à y intéresser des responsables politiques facilement repérables par leur remarquable stupidité [10]. En foi de quoi, sous les protestations de la prestigieuse fédération « laïque » FCPE s’indignant que l’on limite aux classes de sixième une contribution aussi insigne à la santé de nos chères têtes blondes, les autorités sanitaires françaises allaient présenter au bon peuple émerveillé une « vaccination universelle » contre l’hépatite B comme la mesure symbolique qui s’imposait moralement après le scandale (qui s’était heureusement avéré juridiquement anodin…) du sang contaminé.

Pour l’intelligence de la suite, il est intéressant de relever que confrontés à l’innovation d’inspiration sub-maffieuse visant à faire du secteur vaccinal un moyen de gagner énormément d’argent à peu de frais, les anti-vaccinalistes étaient restés remarquablement cois. Comment s’en étonner ? Comment s’étonner que des gens qui, 15 ans plus tard, tiendraient la levée de l’obligation du BCG (à 50 centimes l’immunisation, contre 420 € pour Gardasil…) pour une glorieuse victoire sur les lobbies pharmaceutiques ou qui, après quelques années encore, n’hésiteraient pas à écrire que les vaccins « ne répondent pas à la définition d’un médicament » [11], comment s’étonner que ces gens-là aient peiné à prendre la mesure financière et technico-réglementaire de ce qui était en train de se tramer avec la vaccination contre l’hépatite B ? Il suffit de consulter leurs livres cultes – qu’ils soient signés par F. Delarue, S. Simon ou autres J.P. Joseph – ou d’aller vaquer sur les sites de leurs militants, pour constater que le maître-mot d’un passé aussi inconcevable se trouve être, une fois encore : incompétence.

Cependant, le risque de sclérose en plaques avec ce vaccin était assez évident pour avoir été notifié aux autorités, dès le tout début des années 1990, par le principal fabricant lui-même, la société SKB : contrairement à ce qu’affirment depuis de vertueux experts auto-proclamés « indépendants » bien qu’agissant comme propagandistes à l’insu de leur propre gré, ce risque neurologique ne s’originait donc pas vraiment dans ces « lobbys anti-vaccins » réputés irréductibles à la logique imparable de la « science »…

Les atermoiements imputables à l’incoordination entre les imbéciles de la pharmacovigilance française – totalement impuissants, comme d’habitude, devant un vrai problème dont ils avaient été dûment informés faute d’être capables de le détecter par eux-mêmes – et les boutefeux ahuris de la Direction Générale de la Santé (DGS), tout appliqués à docilement mettre en œuvre le plan marketing conçu par SKB avec – déjà – l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé, sous les auspices des plus éminents organes de « LA Communauté scientifique » [12], n’allaient pas empêcher que, rapidement, les professionnels de santé allaient se voir confrontés à un sacré problème : alors que, jusqu’alors, seule une minorité d’entre eux avaient vu des sclérosés en plaques dans leur clientèle (en France, on dénombrait environ 25 000 cas au total, c’est-à-dire bien trop peu pour que chaque médecin/pharmacien en eût l’expérience directe), voilà-t-y pas qu’on assistait à une véritable épidémie, assez évidente pour sauter aux yeux même du boulanger ou du plombier du coin [13]. C’était l’époque où il restait dans la profession un reliquat de bon sens fondé sur l’observation clinique personnelle et le retour d’expérience [14], par opposition aux « études » plus ou moins bidons auxquelles quasiment personne ne comprend rien – même pas les professeurs au Collège de France pourtant chargés de leur promotion.

En parallèle, si la mesure du problème dépassait une fois encore la compétence intellectuelle très limitée de la pharmacovigilance française [15] et dont je peux me porter personnellement témoin [16] –, il n’en allait pas de même chez les politiques. À la réflexion, ce n’aurait pas été la première fois qu’on eût retiré du marché un médicament, d’autant qu’en parallèle, le corps médical commençait à conscientiser qu’il avait accueilli de façon trop peu critique la promotion de cette vaccination : après tout, qui avait jamais vu dans sa clientèle une hépatite B – surtout dans une forme grave [17] –, alors qu’ils étaient de plus en plus nombreux à se trouver personnellement confrontés à des tableaux neurologiques graves et qu’ils n’avaient encore jamais vus (pour ne point parler de ceux qui, grâce à l’obligation légale promulguée dans l’entretemps chez les professionnels de santé, voyaient se développer une sclérose en plaques chez eux-mêmes ou dans une progéniture désireuse de suivre la voie professionnelle parentale. [18]). Si dans l’ensemble, la profession eût donc été parfaitement prête à passer par profits et pertes cette vaccination naguère fascinante, les politiques – eux – étaient devenus très nerveux à l’idée de leur responsabilité pénale et financière (car c’était aussi l’époque où l’on trouvait encore çà et là des magistrats qui n’avaient pas peur de juger, voire qui se seraient fait un plaisir de casser du Big Pharma, et où la Cour de cassation ne s’était pas encore convertie aux vaticinations intéressées des industriels – ou de leurs supporters [19] – concernant la catastrophe sanitaire qui découlerait immanquablement de la moindre sanction judiciaire d’un fabricant de vaccin). Clairement, quand près de la moitié de la population avait été vaccinée, il était trop tard pour consentir l’aveu qui eût forcément transparu de mesures restrictives ; il fallait donc semer l’embrouille, mission où Kouchner allait, une fois encore, montrer tout son talent [20] : par exemple en suspendant la campagne scolaire sous des prétextes parfaitement incongrus, tout en invitant les parents à s’abandonner à leur pédiatre ou à leur généraliste pour assurer la continuité de cette vaccination essentielle-qu’on-vous-dit.

Un bonheur n’arrive jamais seul. On avait donc Kouchner, toujours aussi incomparable pour clamer tout et son contraire avec une communicative conviction ; on eut aussi Gherardi & Co avec leur histoire d’aluminium et de myofasciite à macrophages – dont il était évident depuis le début qu’elle ne tenait pas la route. C’était à la fin des années 1990.

Le jackpot de la piste aluminique

Pour inepte qu’elle soit objectivement (cf. plus haut), le prodige de la piste aluminique, c’est qu’elle parvenait à concilier les intérêts d’une foultitude de gens a priori fort distincts.

  • Que ce soit devant les autorités, les victimes ou les médias, et d’une façon tellement insistante qu’elle m’avait frappé d’emblée, Gherardi & Co ont constamment mis en avant la nécessité de leur accorder des financements à hauteur de leur génie scientifique [21]. Je ne saurais prétendre avoir fait un inventaire exhaustif, mais je n’ai pas souvenir d’avoir lu la moindre interview des concepteurs de la myofasciite qui ne revienne sur cette question de financement, d’une façon suffisamment insistante pour en devenir gênante [22]. Il va de soi que voir leur génial concept reçu et apparemment promu par les autorités ne pouvait qu’entretenir leur espoir de se la jouer « à l’américaine » : de l’argent pour une carte blanche dans la créativité – le pied pour des hospitalo-universitaires sinon confrontés à la notoire pingrerie française dès qu’il s’agit de recherche plus ou moins fondamentale.
  • Sous les applaudissements des associations, les membres du GERMMAD peuvent aujourd’hui se présenter comme de dangereux rebelles. Il n’empêche qu’ils sont entrés dans le paysage public comme les plus sûrs alliés de l’administration française pour opérer un renversement qui paraissait initialement inconcevable (compte tenu de l’évidence empirique accumulée et de sa médiatisation) : occulter qu’il puisse y avoir un problème de tolérance grave avec la vaccination contre l’hépatite B, position qui n’avait rien de rebelle, ni à l’époque ni aujourd’hui - demandez à JY Nau, autre grand rebelle devant l’Éternel...
  • Dans le contexte de dénégations forcenées qui allait rapidement marquer la judiciarisation de la vaccination contre l’hépatite B, il va de soi que le déplacement du problème vers quelque chose d’apparemment moins conflictuel ne pouvait que ravir ceux et celles qui, se présentant comme « victimes », s’étaient jusqu’alors heurtés au mur d’une jurisprudence aussi autiste que manipulée.
  • Dans ce même contexte où, en quasi-totalité, les « experts » judiciaires avaient adopté une position de dénégation pavlovienne relativement à la toxicité des vaccins contre l’hépatite B et à leur inutilité, l’alternative « aluminium » offrait, de temps en temps, une aire de dégagement qui, au cas par cas, leur permettait de se sentir un peu moins obtus : ils n’étaient pas juste des crétins manipulés puisque, de temps en temps (mais pas souvent…), ils pouvaient rédiger un torche-cul déguisé en rapport d’expertise ouvrant la voie de l’indemnisation chez une personne mal en point après un vaccin.
  • Pour les anti-vaccinalistes, il n’y avait que du bonheur dans cette histoire d’aluminium. Vaguement honteux d’être totalement passés à côté du problème spécifiquement lié au vaccin contre l’hépatite B pour la raison susdite de leur parfaite incompétence, ils ne pouvaient qu’accueillir avec joie et soulagement l’incrimination aluminique qui les confirmait au contraire dans ce qu’ils avaient toujours dit et soutenu, à savoir que les vaccins, c’était rien que de la saloperie – et depuis le début : se positionner dans le confort intellectuel de ce « toujours » et de cette totalité (« tous » les vaccins) les dispensait de l’examen de conscience qu’eût dû imposer les conséquences de leur lamentable incurie visant spécifiquement un vaccin au début des années 1990.

Le jackpot de l’aluminium comme fausse piste

Mais c’est à cet endroit précis que les autorités sanitaires allaient témoigner d’une duplicité assez remarquable compte tenu de leur bêtise prédominante. Il suffit, en effet, de lire leurs propres contributions pour constater qu’à aucun moment, elles n’ont pris au sérieux la piste de la myofasciite à macrophages [23] – laquelle, comme on l’a rappelé en introduction, était effectivement plus que difficile à suivre. Cependant et alors qu’à ce moment, il y avait pas mal de médecins pour constater que la vaccination contre l’hépatite B leur avait surtout apporté des soucis et qu’à ce titre, ils eussent plutôt apprécié qu’on les en débarrassât (d’autant plus que, à y réfléchir de plus près, l’intérêt d’une telle immunisation ne sautait plus aux yeux), c’était une autre paire de manches que de s’en prendre à l’aluminium dont l’utilisation dans les vaccins remontait à près d’un siècle. Comme l’avaient parfaitement saisi les anti-vaccinalistes, dire « l’aluminium c’est de la merde », c’était dire à la quasi-totalité des médecins français qu’en vaccinant à quelque époque que ce soit, ils avaient administré de la merde. C’était changer d’échelle : sortir d’une erreur ponctuelle et facilement datable (la vaccination contre l’hépatite B au début des années 1990) pour entrer dans une incurie professionnelle généralisée quasi immémoriale. Le pauvre F. Delarue [24] pouvait se trémousser d’aise dans sa tombe, mais personne – les médecins pas davantage que les autres – n’aime à s’entendre dire que depuis toujours, il s’est contenté d’administrer de la merde à sa clientèle : allez dire à votre boucher que son dernier rosbif, c’était juste de la merde et qu’il est juste bon à vendre ça, et amusez-vous – tant que la possibilité vous en est encore laissée – à suivre la trajectoire de son fendoir au travers de sa boutique...

La mystification de la myofasciite à macrophages a donc réalisé les conditions d’un prodigieux renversement d’alliances à côté de quoi l’indécente imperturbabilité de Manuel Valls dans la trahison prend l’allure d’une gaminerie anodine pour tricheur de maternelle. Alors que parmi les trop nombreux médecins qui avaient gobé un marketing efficace par sa nouveauté – une vaccination « universelle » ! –, il aurait pu s’en trouver un bon nombre désormais disposés à y réfléchir à deux fois avant de s’exciter de nouveau sur la créativité vaccinale de Big Pharma, la profession se voyait – grâce au concept de « myofasciite à macrophages » qui mettait en cause l’intégralité de sa pratique depuis de tout début – libérée de tout examen de conscience concernant le passé proche et ramenée au bercail d’une orthodoxie fanatique relativement à LA vaccination de toute éternité. Pour avoir énormément réfléchi au problème [25], je ne crois sincèrement pas que la vulnérabilité des professionnels aux pires promotions vaccinales ultérieures (HPV et H1N1, en particulier) eût été concevable sans ce préalable de leur dénigrement par aluminium interposé, qui les a conduits, dans leur immense majorité, à choisir leur camp – lequel n’a évidemment pas été celui de l’association E3M – et à se défendre avec une férocité jusqu’alors inédite contre l’idée que, depuis le tout début, ils se seraient contentés – comme des cons – d’intoxiquer les gens en les vaccinant.

Un débat désormais frappé d’interdiction

À elle seule, ma petite expérience personnelle – celle d’un professionnel qui n’avait strictement rien à gagner [26] dans un débat sur les vaccins – me paraît suffisamment démonstrative du « renversement d’alliances » qui vient d’être décrit.

Alors que jusqu’alors (le début des années 2000), je passais pour un spécialiste du médicament pas forcément facile, mais a priori respectable pour sa compétence et son intégrité [27], je n’ai quasiment plus jamais réussi à soutenir au sujet des vaccinations la moindre discussion entre pairs, fût-ce avec le plus humble médecin de ville ou de campagne – je ne parle pas des hospitalo-universitaires... Je ne compte pas le nombre de colloques où, abordant la question, je me suis fait purement et simplement interdire de parole – censure dont, par ailleurs, je n’ai encore JAMAIS vu d’autre exemple dans une réunion médico-scientifique tant soit peu civilisée. Censure d’autant plus paradoxale que, comme je m’en suis justifié ailleurs, je pense être, à l’échelle internationale, l’un des meilleurs connaisseurs du vaccin contre l’hépatite B, cette exceptionnalité [28] du traitement qui m’a été réservé à partir de ce moment dit assez la panique que pouvait susciter la moindre initiative de nature à fissurer le consensus professionnel obtenu par les moyens pourtant les plus grossiers de la propagande (notamment la référence à des « experts », tel que celui propulsé devant la Cour de cassation) dépourvus de la moindre compétence d’espèce – selon un processus facilement lisible une fois qu’on a compris qu’on n’était pas dans la recherche des preuves).

  • Ainsi de cette réunion assez éminente où, disposant officiellement de 20 minutes pour mon intervention, je me fis grossièrement interrompre après dix minutes d’exposé montre en mains au motif que j’avais « largement » dépassé le temps qui m’était imparti : or, par égards pour mon public (car m’estimant peu doué pour l’oral), je rédige toujours complètement mes interventions, que je chronomètre préalablement à la minute près… Mais il est exact que quand on ne veut pas entendre, ça paraît toujours interminablement long d’écouter.
  • Dans l’ordre de mes souvenirs d’Ancien Combattant (jamais décoré, il faut le reconnaître…), j’ai aussi l’expérience d’une grossièreté non moins exceptionnelle devant une société pourtant très policée (cravates et tout), quand le président de séance m’a sèchement – et définitivement – coupé la parole au motif que j’avais déjà dit « la même chose »… Outre que, comme je l’expliquais récemment, je suis plutôt affecté d’une grave phobie de la redite dans mes interventions publiques, je n’avais de toute façon jamais remarqué que les radoteurs faisaient l’objet d’une prohibition systématique dans les sociétés savantes, surtout en France : mais, une fois encore, il n’y a rien qui paraisse plus intolérablement répétitif que ce que l’on ne veut pas entendre…
  • Je passe sur les articles inopinément refusés par l’éditeur qui avait pourtant pris l’initiative de me les commander, sans autre justification qu’un vague borborygme – au mieux.
  • Je passe aussi sur cet hospitalo-universitaire qui avait eu le courage inhabituel de critiquer (d’ailleurs sur d’excellents arguments) la notion de myofasciite à macrophages, à ce titre logiquement intéressé par ma réflexion convergente sur le sujet, basculant dans un silence radio absolu une fois qu’il eut conscientisé que ma critique s’enracinait dans la conviction – pourtant soigneusement documentée – que la fausse piste de l’aluminium n’était qu’un pauvre prétexte pour occulter la toxicité des vaccins contre l’hépatite B. Par delà ce thème assez spécifique de la "myofasciite", force m’est de constater que même les collègues qui me témoignent une certaine estime (il y en a quelques-uns...) tendent à se crisper dans un silence gêné dès que, d’une façon ou d’une autre, transparaît que je n’ai pas changé d’avis à propos de la vaccination contre l’hépatite B et que je la tiens toujours, preuves en mains, pour un scandale absolu.

Les retours de bâton et leur prophylaxie

C’est un fait d’observation qu’en médecine, il y a des retours de bâton à chaque fois qu’on fait n’importe quoi : que le nécessaire soit ensuite fait pour les reconnaître, puis pour sanctionner les responsables et indemniser les victimes est une autre histoire – dont l’affaire hormone de croissance offre un saisissant contre-exemple. Dans la première moitié des années 1990, sauf pour les leaders de la pharmacovigilance française (notamment ceux appelés à se voir canonisés par le REVAHB), il relevait d’un simple bon sens à peine professionnel que l’on prenait des risques considérables à se lancer dans une vaccination « universelle ». Alors que les vaccins ne faisaient nullement partie de mes intérêts professionnels, ma première démarche publique sur le sujet date des premiers mois (printemps 1995) de la campagne scolaire contre l’hépatite B, et elle prit la forme d’une correspondance adressée au Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire en réponse à un article promotionnel conjointement publié par un médecin de la DGS et un de l’Éducation nationale : faut-il préciser qu’elle ne fut jamais publiée, alors que j’y classais déjà mes objections en trois chapitres – efficacité problématique, tolérance incertaine, coût exorbitant.

Les sidérantes manipulations du calendrier vaccinal sous la houlette « d’experts » non moins manipulés ont certes très significativement contribué à faire du secteur vaccinal un eldorado. Mais sur ce mouvement de fond, les deux coups de force quantitativement les plus spectaculaires ont été la campagne de vaccination « universelle » contre l’hépatite B et celle de vaccination contre le H1N1 [29]. Or, sauf pour les propagandistes qui se présentent – c’est l’argument de tous les propagandistes – en défenseurs du Vrai (en l’espèce : de la Science) contre les suppôts du mensonge – il est incontestable que ces deux coups de force ont bien eu leur retour de bâton : catastrophes financières en série [30] pour le H1N1, épidémie de pathologies auto-immunes pour la vaccination contre l’hépatite B [31].

Il est patent, cependant, qu’à chaque fois les responsables ont mis au point une contre-stratégie de mystification grâce à deux jokers nommés GERMMAD d’une part et Irène Frachon d’autre part :

  • le GERMMAD (avec la caisse de résonance de l’association E3M) a permis : i/ de détourner l’attention de ce qui reste probablement le plus grand scandale sanitaire du siècle passé vers une mise en cause scientifiquement inepte de l’aluminium utilisé comme adjuvant [32] ; ii/ de recréer, par effet de répulsion, une quasi-unanimité du corps médical autour des bénéfices de LA vaccination, en réaction explicable contre une mise en cause non moins globale DES vaccinations par le biais idiot de l’aluminium.
  • Irène Frachon (avec la caisse de résonance de tous les jobards qui l’ont portée aux nues – incluant le président du LEEM), qui a permis de détourner l’attention d’un immense désastre politico-financier (la promotion de la vaccination H1N1) vers le micro-scandale Médiator, tragi-comique à force d’infimité [33].

C’est une constante de la criminalité médico-pharmaceutique contemporaine que si contestables que soient les indications (cancers, cholestérol, ménopause, sexualité, « autisme », « hyperactivité », dépression, etc.) qui lui ont permis d’engranger des sommes déjà vertigineuses, les financiers veulent toujours plus.

  • Via l’invention de nouvelles indications (c’est le disease mongering), bien sûr ;
  • mais, de façon encore plus directe, par l’élargissement, si possible à tout un chacun, des indications :
    • le vaccin contre l’hépatite B véhiculait un projet de vaccination « universelle »,
    • celui contre le H1N1 se justifiait par une prétendue pandémie, c’est-à-dire (pour ceux qui n’ont pas fait de grec) une maladie supposée menacer tout le monde [34] ;
    • grâce au travail accompli par les deux jokers susnommés, les autorités pensent que l’heure est venue de passer à un mode opératoire encore plus expéditif, celui des obligations : cela n’est pas un hasard si l’omnisciente Frachon a récemment vitupéré ceux qui jettent l’opprobre sur les vaccins, tandis que c’est encore moins un hasard si des personnalités supposées « indépendantes » (hi !hi !) – Gérard Bapt, Didier Migaud – n’ont pas trouvé meilleur prétexte que les adjuvants pour rendre acceptable l’idée d’un élargissement des obligations vaccinales.

Elle est bien là, la stratégie – grossière, mais terriblement efficace : on dissimule l’intolérabilité d’une proposition (élargissement des obligations vaccinales, doublement injustifiable après les terribles précédents de l’hépatite B et du H1N1) en affectant de critiquer les pratiques de ceux qui vont le plus naturellement profiter de cette proposition (Faudrait quand même virer ce putain d’aluminium que nous imposent ces saligauds de fabricants.) et quand les esprits se sont accoutumés à l’intolérable (via une propagande concomitante concernant des « fléaux » comme la rougeole, naguère maladie notoirement bénigne), on va chercher un Fischer qui n’a besoin que de quelques lignes pour décrédibiliser une critique effectivement inepte (Arrêtez de nous faire chier avec vos niaiseries sur l’aluminium.) et poser comme résultat incontournable d’une « consultation » sans précédent ce qui était l’objectif parfaitement lisible [35] depuis le tout début : il FAUT élargir les obligations vaccinales [36]…

C’est un addendum au « Nouvel esprit du capitalisme » que de voir à l’œuvre une fois encore sa formidable puissance de récupération : comme attesté par ce qui est en train de se passer et dont on ne peut me contester de l’avoir répétitivement annoncé, personne n’a plus fait, ces derniers temps, pour assurer le succès d’un fabuleux élargissement des obligations [37] que Gherardi & Co et Irène Frachon, qui se présentent pourtant comme des critiques intransigeants du système…

Il y a un vieil adage judiciaire selon lequel « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ». « Nul », sauf Big Pharma qui, pour faire avancer son business, n’a jamais avocats plus efficaces que ceux et celles qui passent leur temps à dénoncer ses turpitudes…

Conclusion

Avec une perversité consommée, les autorités françaises ont affecté de reconnaître la « découverte » du GERMMAD, mais en s’en tenant strictement à son ineptie la plus évidente : une lésion histologique « caractéristique » d’une maladie caractérisée par une lésion histologique. À la fierté initiale non dissimulée des découvreurs de ce concept atrocement tautologique, elles ont donc utilisé sur tous les tons l’expression « myofasciite à macrophages », mais sans lui accorder le moindre contenu nosographique – au motif parfaitement fondé que, de l’aveu même (mais tardif) du GERMMAD, il était impossible d’associer à cette expression une caractérisation clinique tant soit peu opérationnelle. Pour les raisons d’égocentrisme victimaire évoquées dans un précédent article, à chaque fois qu’une « victime » autoproclamée a simplement entendu l’expression « myofasciite à macrophages », elle s’est mise à convulser de ravissement sans écouter la suite du discours : je ne compte pas le nombre de ces « victimes » qui m’ont appelé pour proclamer triomphalement qu’elles avaient enfin été reconnues dès que le moindre officiel avait prononcé ces mots magiques [38]. En réalité et pour des responsables politico-administratifs qui n’en sont pas à un reniement près (ils ne seraient pas responsables sinon), ça ne mange pas de pain de dire « myofasciite à macrophages » tout en ajoutant après une pause que ça ne correspond à rien en pratique. C’est l’avantage de la duplicité discursive dans la culture du narcissisme : les gens n’entendent que la partie du discours qui flatte leur égocentrisme [39] et ne font même pas attention au reste. Seuls quelques juges administratifs ont été assez naïvement bornés pour imaginer que le concept de « myofasciite » recouvrait autre chose que du vent et en ordonner l’indemnisation – bien sûr aux frais de la solidarité nationale, qui n’en est plus à un détournement près…

Chez les professionnels de santé, l’incrimination de l’aluminium via le concept foireux de « myofasciite à macrophages » était une critique implicite, mais radicale, du corps médical dans son ensemble – cette bande de cons qui ruinent la santé des gens en leur administrant placidement un poison violent nommé « aluminium », à côté duquel le cyanure se réduit à une simple mauvaise farce pour belles-mères [40]. Excessivement médiatisée malgré son ineptie facilement repérable, la diabolisation de l’aluminium a permis de battre le rappel des troupes en dispensant les professionnels concernés du moindre examen de conscience [41] et de recréer un sentiment de corps après une catastrophe sanitaire [42] opportunément oubliée alors que, par son ampleur, elle avait conduit une bonne part des professionnels à développer quelques doutes quant à la crédibilité des autorités sanitaires en matière de politique vaccinale. En d’autres termes, par la violence implicite mais intolérable de ses corrélats (qu’en vaccinant, les médecins dans leur ensemble s’étaient comportés comme des abrutis plus ou moins criminels), l’hypothèse d’une maladie provoquée par un composant quasi ubiquitaire des vaccins (l’aluminium) a fonctionné comme repoussoir qui a permis à la profession de retrouver une quasi-unanimité au sujet des vaccins et de regagner l’estime de soi après le traumatisme de la « vaccination universelle » contre l’hépatite B qui avait contraint nombre de confrères à des explications douloureuses quand les parents s’étaient présentés en poussant le gamin dans son fauteuil roulant… Le coup de force actuel d’un élargissement des obligations vaccinales s’éclaire de ce précédent : la critique implicite liée au concept de « myofasciite à macrophages » était tellement intolérable à tous égards qu’elle a décrédibilisé – et pour longtemps – toute réflexion critique sur LA vaccination et ses abus.

Chez les adhérents et sympathisants de l’association E3M, l’idée – inepte à tous égards – d’un composé (l’aluminium) qu’il suffirait d’éliminer [43] pour permettre à tout un chacun de bénéficier des avantages irremplaçables de LA vaccination, a contribué à entretenir un bruit de fond permettant d’accréditer l’intérêt des vaccins – de tous les vaccins sous la seule réserve qu’ils soient sans aluminium [44] ; elle a du même coup alimenté une terreur hypocondriaque quant aux risques que feraient peser sur la population la moindre grippette ou des infections aussi banales que la rougeole [45].

En ce sens, le président de l’association E3M a raison de proclamer la main sur le cœur qu’il a parfaitement « joué le jeu ».

Il y a juste qu’il n’a pas bien saisi « le jeu » de qui…

[1] Association qui regroupe des gens de présentant comme victimes de l’aluminium vaccinal en raison de cette « myofasciite ».

[2] Il y en a eu d’autres, privées, que les membres de l’association E3M se sont bien gardés de rendre publiques, même quand ce sont eux qui les avaient sollicitées et que, le cas échéant, elle leur a été utile pour avoir cerné les vrais problèmes liés (c’est-à-dire certainement PAS l’aluminium) leurs vaccinations.

[3] Il y a un flou assez désordre dès qu’on aborde la question pourtant cruciale du nombre de « malades » histologiquement « normaux ».

[4] Dans la tradition clinique française (malheureusement en voie d’extinction devant l’invasion d’examens complémentaires pour la plupart plus idiots les uns que les autres), on distingue classiquement les « symptômes » (subjectifs) et les « signes » (objectifs). Dans une « culture du narcissisme » (Ch. Lasch) marquée, entre autres, par une épidémie d’hypocondrie chez ceux qui n’ont aucune idée du symbolique (quitte à privilégier, à la place, le Sauternes et le foie gras), cette distinction est pourtant bien utile…

[5] Et l’on remarque que les symptômes rapportés chez ceux qui se présentent comme « malades de la myofasciite » (principalement des douleurs diffuses associées à une fatigue chronique) ressemblent étrangement à ceux décrits dans d’autres entités nosographiquement aussi problématiques, telles que la « fibromyalgie » ou la « maladie de Lyme chronique ». Ainsi, dans cette communauté initiale de doléances qui s’éclate ensuite en demandes difficilement conciliables de « reconnaissance » individuelle centrée sur « la » cause présumée de leur souffrance à eux (à savoir et selon les cas : l’aluminium, un « dysfonctionnement du système nerveux autonome », la maudite Borrelia burgdorferi, etc.), on retrouve une dynamique qui n’est pas sans rappeler celle de « Nuit Debout » : comprenne qui veut…

[6] On n’avait pas, à l’époque, de « Pôle santé » doté de juges spécialisés adeptes du non-lieu pour clôturer des instructions interminables.

[7] Ch. Levinson. Les trusts du médicament, Seuil, 1974.

[8] Toutes choses égales par ailleurs, s’entend…

[9] Parfois encore, mais quand on était vraiment, vraiment dissipé : « nichons ».

[10] « L’habile stratégie d’un labo », Science et Avenir, janv 1997 : 27.

[11] Programme national d’amélioration de la politique vaccinale - Mission de Madame Hurel – Contribution de la Ligue Nationale pour la Liberté des Vaccinations, 23 juin 2015.

[12] Action towards control of hepatitis B as a community health risk. Proceedings of the International Congress, Cannes 22-24 Nov. 1993, Vaccine 1995 ; 13 suppl 1.

[13] Sur cette question précise mais fondamentale, je me permets de m’opposer à mon ami par ailleurs assumé, le docteurdu16, qui me rétorque régulièrement que cette « épidémie » résulterait, en fait, de la propension de nos confrères à poser des diagnostics par excès sous l’influence intéressée des fabricants du très rentable interféron : sauf que les ordonnances par excès sont moins facilement détectées par le boulanger ou le plombier que les béquilles ou les fauteuils roulants… En réalité et comme je l’ai documenté en diverses contributions antérieures : i/ l’explosion du nombre de cas de scléroses en plaques est antérieure à la disponibilité de l’interféron dans cette indication ; ii/ durant cette période et consécutivement à la panique des autorités, les critères diagnostiques de sclérose en plaques s’étaient sérieusement resserrés, ce qui – toutes choses égales par ailleurs – aurait dû conduire à une nette diminution du nombre de cas répertoriés ; iii/ dans un compréhensible souci d’économie, les premières indications d’interféron avaient été très restrictives, de telle sorte qu’elles ne peuvent rendre compte d’une telle explosion. Pour aller honnêtement (soyons fous) au fond de cette discussion rare entre deux confrères de bonne volonté, on peut concéder que les chiffres renversants, mais plus tardifs (2006), fournis par le Livre Blanc de la sclérose en plaques sont peut-être artificiellement gonflés par une dérive des prescriptions de médicaments prétendument « miracles », mais c’est difficile de le vérifier. Mon impression – fondée sur une expérience personnelle probablement biaisée – c’est que les SEP actuelles seraient plus sévères que celles d’avant, notamment chez les jeunes, mais je ne saurais l’affirmer avec certitude. Reste, indubitablement que : i/ il y a eu une explosion du nombre de cas dans les suites quasi immédiates de la campagne vaccinale ; ii/ on a vu apparaître, à partir de ce moment, une foultitude de SEP pédiatriques qui avaient été une rareté jusqu’alors ; iii/ mon évaluation « à la louche » de la morbidité liée aux vaccins contre l’hépatite B (plus de 100 000 victimes) inclut bien d’autres complications que les SEP, à commencer par les pathologies rhumatismales, endocrinologiques et hématologiques déclenchées par cette vaccination, pour ne point parler des pathologies neurologiques hors SEP, telles que les scléroses latérales amyotrophiques ou certains tableaux de fatigue chronique abusivement étiquetés « myofasciite à macrophages ».

[14] M. Girard. Médicaments dangereux : à qui la faute ?, Dangles 2011 : 17-22.

[15] Dix ans auparavant, elle était restée d’une remarquable placidité face au risque pourtant énorme lié à une hormone de croissance abominablement frelatée, tandis que quinze ans plus tard, il allait lui falloir plusieurs années pour reconnaître le risque, pourtant exceptionnellement élevé, de narcolepsie après injection du vaccin Pandemrix.

[16] C’était l’époque où la presse s’était fait l’écho de mon ironie sur « l’âge de pierre informatique » où vivaient encore les « experts » de l’Agence, vous savez : ceux qui allaient bientôt devenir les héros du REVAHB.

[17] Dans le tintamarre de la promotion organisée par les fabricants avec le concours empressé du Comité Technique des Vaccinations, il avait échappé au plus grand nombre que déjà très rare dans la population « générale » de notre pays, l’hépatite B était en sus une maladie d’évolution bénigne dans la grande majorité des cas…

[18] À l’occasion des bouffes tenant lieu de Formation Médicale Continue, ça causait quand même, et l’information circulait.

[19] Sargos P, David G. Droit, médecine et société. Le devoir de science au risque de la science. Presse Médicale 2002 ; 31(20):945-952. On notera comme nouvel indice de propagande que pour cette réunion solennelle qui a eu un impact vertigineux sur la jurisprudence vaccinale, les promoteurs de la vaccination n’aient même pas éprouvé le besoin de se tourner vers un connaisseur des vaccinations ou du médicament pour soutenir leur cause, mais qu’ils se soient contentés d’un spécialiste… de la reproduction : on retrouve là cette idée de Goebbels déjà citée que pour fonctionner, la propagande n’a pas besoin de preuves. Les innommables « expertises judiciaires » (j’en ai des centaines, dont la bêtise et l’incompétence atteignent parfois des sommets) sur lesquelles se sont ensuite fondés les juges pour épargner les fabricants et leurs amis permettent de constater qu’à l’évidence, ceux-ci n’ont pas besoin de preuves.

[20] Avec, rendons à César, l’appui inébranlable d’une pharmacovigilance officielle toujours prête à dire littéralement n’importe quoi sous la houlette des héros du REVAHB.

[21] Parmi bien d’autres sources, il suffit de se reporter au site de l’association E3M pour constater que l’obtention « de moyens conséquents » trône en bonne place dans les « Actions » que s’est fixée l’association.

[22] Non moins gênante apparaissait la revendication des membres du GERMMAD de se voir reconnaître un monopole dans l’exercice des biopsies musculaires chez les « malades ».

[23] D’où l’aigreur palpable de Gherardhi & Co qui, ayant spontanément tout misé sur leur administration de tutelle (on n’est pas hospitalo-universitaire pour rien…), n’avaient plus d’autre issue que se tourner vers les médias pour changer de vie en s’appropriant l’héritage héroïque de Galilée et autres martyrs de la Science.

[24] Auteur d’un consternant ouvrage intitulé La rançon des vaccinations et dont on ne sache pas qu’il ait marqué l’histoire des sciences.

[25] Ce n’est pas juste par flemme que je laisse parfois passer des années entre deux contributions pourtant connexes…

[26] Et certainement pas une médiatisation personnelle : la plupart des précédents qui ont fondé ma position sur la politique vaccinale des autorités se sont déroulés dans l’ombre, sans que je cherche le moins du monde à les rendre publics. J’ai d’ailleurs purement et simplement décliné mes premières invitations à la télé et n’ai commencé de les accepter que lorsque j’ai commencé à me dire que, quelque accablantes que soient les preuves qu’on leur apporte, on ne pouvait avoir aucune confiance dans les autorités de contrôle, bien au contraire (j’ai eu ainsi la preuve que la Direction Générale de la Santé transmettait aux fabricants les rapports que je lui avais communiqués dans des affaires où ces derniers n’étaient pas impliqués…).

[27] Dans le milieu, personne n’avait oublié que j’avais été viré par mon employeur pour m’être dressé contre l’anti-épileptique miracle qu’il était en train de nous concocter avec la connivence bruyante des autorités françaises et – déjà – celle de l’Organisation Mondiale de la Santé.

[28] Il faut dire que les traitements d’exception, c’est une question… d’habitude, finalement. Comme expert judiciaire (comme par hasard impliqué dans des affaires visant la vaccination contre l’hépatite B), j’ai eu droit à ceux de la Cour de cassation qui, en mon honneur, s’est assise sur une jurisprudence jusqu’alors constante : je n’en suis pas plus fier pour autant…

[29] Par la façon plus que sommaire dont il a été mis sur le marché et par son prix délirant, Gardasil est également un beau scandale : mais en dépit d’une promotion indubitablement abusive, il n’y a pas encore eu – du moins en France et à ma connaissance – de stratégie effective pour vacciner plus ou moins tout le monde.

[30] Plus de 85 millions de doses achetées pour rien, indemnisation des narcolepsies…

[31] Attestée, entre autres, par le Livre Blanc de la sclérose en plaques.

[32] Gherardi peut se poser aujourd’hui en rebelle qui fait trembler Big Pharma : mais c’est bien lui, avec quelques autres, qui était à la manœuvre dans cette « étude » menée en collaboration avec l’Institut de Veille Sanitaire, dont le seul enjeu – même s’il ne l’a pas vu – était de faire disparaître la place impressionnante (90% des cas) du vaccin contre l’hépatite B dans la genèse du curieux syndrome qui était alors en train d’apparaître alors qu’on avait déjà bien assez de soucis avec les scléroses en plaques. J’ai un souvenir précis de l’agressivité bien peu déontologique dont témoignaient certains membres du GERMMAD à l’endroit des patients qui osaient évoquer la toxicité du vaccin contre l’hépatite B...

[33] La contribution complémentaire du GERMMAD à cette occultation du désastre s’est exercée grâce aux anti-vaccinalistes qui, avec la largeur de vues qui leur est coutumière, ont rétrogradé à un simple problème d’adjuvant l’évidence d’un scandale qui mettait en lumière, et de façon cette fois incontestable, l’effrayante vulnérabilité des plus hautes instances sanitaires internationales – OMS en tête – au marketing pourtant pitoyable de l’industrie pharmaceutique.

[34] Et l’on sait que les imbéciles auto-satisfaits de l’OMS avaient beaucoup travaillé avec les brigands de Big Pharma autour de ce préfixe « pan ».

[35] Sauf, évidemment, pour les anti-vaccinalistes…

[36] Mutatis mutandis, c’est aussi ce qui s’est passé avec Wakefield. On peut s’étonner, en effet, que malgré sa médiocrité, son étude ait eu les honneurs du Lancet. Mais un support aussi prestigieux a désinhibé la plupart de ceux qui n’étaient pas convaincus par l’intérêt d’une vaccination aussi problématique que celle contre la rougeole. De telle sorte que quand on a commencé à conscientiser que cette étude posait quand même quelques problèmes de crédibilité, c’est toute la critique de la vaccination anti-rougeoleuse qui s’est trouvée décrédibilisée du même coup (et même, par delà, toute critique des vaccins en général). On voit là, une fois encore, les limites d’une stratégie de contre-propagande particulièrement répandue chez les anti-vaccinalistes : les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Car que se passe-t-il quand des gens pas forcément recommandables s’immiscent chez ceux qui se posent en ennemi de vos ennemis ? Wakefield peut aujourd’hui se poser en adversaire du système : il n’empêche que le plus sûr résultat de son action a été de décrédibiliser toute critique, même sérieuse, des politiques vaccinales actuelles. Il serait utile de recenser dans la presse le nombre de connards dogmatiques qui n’ont d’autre argument pour promouvoir LA vaccination que de dénoncer - et avec dégoût - le précédent Wakefield : mais si l’on commençait sérieusement à témoigner du même dégoût à l’endroit de toutes les études de merde, il y aurait - n’en déplaise à Fischer - du rififi dans "LA communauté scientifique"...

[37] Lequel ne sera jamais qu’une première étape à d’autres élargissements encore plus indécents.

[38] Exactement de la même façon que les membres du REVABH ont traité en héros l’un des principaux responsables de leur malheur au simple motif qu’il daignait évoquer « un petit quelque chose » à propos d’une catastrophe iatrogène dont je n’ai jamais vu l’équivalent en 35 ans de carrière consacrée à la pharmacovigilance.

[39] Le même narcissisme victimaire sous-tend le business des avocats apparus dans le sillage de l’affaire Médiator et qui aiment à se présenter comme « les bêtes noires » de l’industrie pharmaceutique : ils confortent bruyamment leurs clients dans leur doléances, même les plus incongrues (n’ayant pas peur d’en rajouter le cas échéant), mais restent nettement plus discrets dès qu’il s’agit de détailler le fondement juridique des actions qu’ils se proposent de lancer (et, surtout, de facturer), et encore plus dès qu’on en arrive à une évaluation honnête des chances de succès…

[40] Je ne prétends nullement qu’il soit anodin d’administrer de l’aluminium par voie injectable sous n’importe quel prétexte ; mais j’affirme hautement que si problème il y a, il est sans commune mesure avec la multiplication sans limite de vaccinations dépourvues du moindre intérêt, qu’il soit individuel ou collectif.

[41] Même si la profession médicale n’est pas naturellement portée à l’autocritique, il existe quand même des précédents où, sous réserve qu’on lui fournisse un minimum de preuves, elle accepte (parfois en y mettant le temps) de remettre en cause ses présupposés du passé : le mode de couchage des nouveau-nés me paraît un bon exemple.

[42] Que j’ai souvent chiffrée, et que je chiffre encore, à au moins 100 000 victimes.

[43] Je n’ai pas abordé le problème, mais il va de soi : dans leur autisme militant, les ennemis de l’aluminium sont dans l’incapacité de proposer une option alternative crédible dont la sécurité serait démontrée et non pas présumée par défaut. C’est le piège classique de toutes les mobilisations médiatiques qui se focalisent sur la toxicité soudainement présentée comme intolérable de tel ou tel composé, mais sans jamais s’interroger sur celle des « alternatives » dont la seule supériorité est d’avoir été moins étudiée ou moins commentée : on en a un parfait exemple avec les polémiques actuelles autour du bisphénol A, où l’on retrouve comme par hasard les « lanceurs d’alerte » qui grenouillent autour de tous les supposés scandales sanitaires du moment pourvu qu’ils permettent de se trémousser devant les caméras.

[44] Sachant – et Big Pharma le sait très bien – qu’il n’y a pas plus braillard qu’un hypocondriaque dès que, moyennant la médiatisation appropriée, on lui désigne LE suspect numéro 1 des symptômes innombrables dont il a souffert depuis sa plus tendre enfance.

[45] Dans mon article précédent, je me suis interrogé – jusqu’à plus ample informé – sur la compétence du président d’E3M relativement aux problèmes technico-scientifiques dont il prétendait parler publiquement. Mais lorsque l’on entend Michèle Rivasi (qui justifie sa réputation de critique du système par son agrégation de SVT) se lancer elle-même dans la promotion de la vaccination antirougeoleuse, on se dit que la propagande médico-pharmaceutique a de beaux jours devant elle – surtout tant qu’elle sera ainsi relayée par la crème de l’Éducation nationale.


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 440460

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Documents en français  Suivre la vie du site Recherche clinique et médicaments  Suivre la vie du site Vaccins   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.26 + AHUNTSIC

Creative Commons License

13 visiteurs en ce moment