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Iznogoud se rebiffe : pour une éthique de la controverse

jeudi 22 décembre 2011 par Marc Girard

Comme je m’en suis à plusieurs reprises justifié – et comme n’ont pas manqué de le relever quelques lecteurs fidèles – les querelles de personnes ne m’intéressent simplement pas. A rebours de notre culture dominante, j’ai toujours pensé que l’homme de génie devait être couleur gris muraille - et je me targue d’avoir réussi au moins la première étape...

Il arrive néanmoins que, dans certaines circonstances et même lorsque l’on prend la précaution de ne point la nommer, les batailles d’idées ou de principes convergent sur une personne qu’il est trop facile de reconnaître. Comment s’en étonner ? Lorsque le débat public se trouve instrumentalisé à fins de reconnaissance personnelle, dénoncer cet état de fait revient forcément à stigmatiser celui, celle ou ceux qui sont à l’origine d’un tel détournement [1].

Comme je m’en explique ci-après, j’avais posté par la plus petite boîte mon dernier article sur "l’expertise indépendante durable", bien conscient de son caractère intrinsèquement polémique et relativement technique, sans nécessairement anticiper sur la violence - et, moins encore, sur l’unanimité - des réprobations qu’il susciterait chez les bons apôtres de la nouvelle expertise [2].

A quelque chose, malheur est bon : des excès verbaux auquel cet article a donné prétexte, il est d’ores et déjà possible d’abstraire les éléments d’une réflexion théorique - très au-delà des personnes - sur l’éthique du débat public. C’est la perspective des lignes qui suivent.

Egocentrisme et sadisme mêlés

Lorsque, pour les raisons susdites, on sait qu’aucune procédure d’anonymisation [3] n’empêchera l’identification des personnes concernées, l’issue morale, alors, consiste à décider en son âme et conscience ce qui doit primer – entre un respect de principe pour les personnes, et le souci du Bien public quand celui-ci se trouve mis en péril par lesdites personnes. En l’espèce et dans le contexte d’une dérive expertale qui met jusqu’en danger les fondements même de la société, voire de la civilisation, j’ai fait mon choix et je l’assume : de même que, sans le moindre souci du médiatiquement correct, je n’ai cessé d’ironiser sur le Petit Poucet brestois en préférant la voie du (sou)rire à celle de la réfutation frontale qui eût été excessivement cruelle, j’ai estimé légitime de critiquer publiquement un torche-cul, saturé d’idées reçues directement inspirées par les lobbies pharmaceutiques ou leurs séides, et qu’on voudrait faire passer comme le parangon de l’aggiornamento expertal que tout le monde appelle de ses voeux. Déterminer si les personnes visées sont de gentils cons manipulés, des paumés en quête de reconnaissance ou des salauds prêts à tout ne fait pas partie des questions sur lesquelles j’entends prendre une position publique – même si j’ai souvent ma petite idée personnelle au cas par cas.

L’argument, s’il faut en croire mes contradicteurs, se retourne et les rares correspondants qui ont osé me faire part directement de leur désapprobation me reprochent surtout un ego débordant [4], voire un véritable "sadisme" [5].

  • Le premier de ces griefs est par essence irréfutable, car ressortissant à la dynamique du double-bind dont, depuis Bateson et ses collègues, on sait qu’elle fait le lit de la schizophrénie : pour me justifier, il me faudrait forcément me mettre en scène (« plus humble que MOI, tu meurs », « j’ai jamais vu moins soucieux de son ego que MOI », « regarde MOI - oui, MOI : tu crois sincèrement que je me soucie d’icelui ? »…), et on voit trop où on irait. On pardonnera donc à un freudien élevé dans une religion catholique notoirement peu ego-friendly (« mea maxima culpa ») d’esquiver ce type de débat…
  • Quant au second, il confond les conséquences et les causes : l’expertise, je l’ai souvent dit, n’est pas le lieu de la séduction et, à trop semer le vent de l’incompétence ou du ridicule égocentrique, on s’expose à récolter la tempête des réfutations d’autant plus implacables qu’elles sont fondées sur des faits difficilement réfutables. On notera à ce propos - et mes contradicteurs feraient bien d’en prendre de la graine - que même dans une controverse où il est impossible de ne pas identifier la personne visée, mes critiques - fussent-elles sévères - se limitent strictement au sujet de la controverse : elles ne s’étendent jamais à des considérations personnelles globales sans rapport évident avec l’espèce. C’est une chose de documenter que sur un problème donné, tel ou tel a raisonné comme un chaudron, ou bien encore d’ironiser sur son goût trop affiché de la visibilité médiatique [6] : c’en est une autre d’affirmer que c’est un con ou une figure du Mal.

« Des faits » : tout est là… Je veux bien que ma contribution soit pathognomonique d’un fond moral mauvais au sujet duquel tout essai de justification ne ferait que confirmer un exorbitant nombrilisme (on est en pleine logique poppérienne...) : il reste qu’elle est truffée d’arguments de fait dont pas un seul n’a encore fait l’objet du moindre essai de réfutation et qui concernent, entre autres, la méthodologie d’inventaire et de hiérarchisation des sources, la cohérence dans l’analyse et les biais d’interprétation, les confusions statistiques, l’originalité de la contribution, la limite entre l’évaluation et la décision. L’irreligiosité des temps modernes ayant laissé les gens en manque de saints, le soupçon de sacrilège vient vite mettre hors jeu celui qui s’offre simplement à disséquer la mécanique médiatique à fabriquer de faux héros [7] : régulièrement confronté à des adorateurs du Petit Poucet brestois bien décidés à obtenir ma rétractation, et croyant donc pertinent - au titre de ma défense - de commencer à citer les principales inepties dont dégouline son livre à chaque page (qui justifient précisément mes moqueries à son endroit), je me vois régulièrement réfuté par mes interlocuteurs comme intolérablement centré sur un corpus insignifiant qu’eux-mêmes avouent sans honte ne pas avoir lu. Ainsi, tandis que jadis, on prenait au moins le temps d’une enquête avant canonisation [8], le rythme médiatique contemporain [9] ne laisse même plus le temps de vérifier la moralité des vierges sages : ambiance dans les paroisses [10]...

Le retour du refoulé

Relativement à ces constats de fait – qui devraient appeler réfutation et, le cas échéant, auto-critique et rectification [11] –, que vient faire la mise en procès du « moi » critique ? Depuis quand dire « le travail est mal fait » révèlerait nécessairement quelque revendication narcissique que ce soit ? Sur un sujet donné, en quoi documenter « le gars-là s’est trompé/dit n’importe quoi » impliquerait quoi que ce soit sur les vertus comparées du gars en question et de son critique ?

Avec des présupposés aussi niais, on en arriverait vite à la mort du contentieux de la responsabilité : ne portez plus plainte contre votre plombier après l’inondation de votre maison si vous ne pouvez justifier que vous êtes meilleur bricoleur que lui (ce qui, nouvelle aporie, conduira forcément à s’interroger sur les motifs qui vous auront conduit à faire appel à un branquignole…). Pour des raisons connexes, ne portez plus plainte contre votre architecte quand votre toit s’est effondré si vous n’êtes pas en mesure de prouver que vous menez un vie bien plus vertueuse et pieuse que la sienne. Et quand votre chirurgien s’est trompé sur la jambe qu’il fallait amputer, ne portez plus plainte contre lui des fois qu’il apparaisse ensuite que vous n’êtes même pas capable – vous – de couper un rôti sans vous entailler les doigts. Révolution dans l’expertise, vous disiez ?

Quitte à la jouer freudienne, partons du dernier exemple pour renvoyer la balle.

  • En milieu médical, décrédibiliser la « critique factuelle » en l’imputant de façon réflexe à la seule insolence ou à une pathologique envie de nuire, n’est-ce pas justement laisser dépasser l’oreille de l’arrogance paternaliste et révéler le vieux fantasme pavlovien d’une impunité à tout prix : la faculté de médecine n’est pas, tant s’en faut, un haut lieu de formation à l’autocritique [12] et la pratique de l’expertise judiciaire m’a suffisamment informé quant aux séquelles durables d’un tel apprentissage [13].
  • Projeter une motivation égocentrique dans toute prise de position publique tant soit peu polémique [14], n’est-ce pas divulguer son propre fantasme personnel de célébrité et de médiatisation ? Les plus fidèles de mes lecteurs n’ont probablement pas manqué de noter une inflexion assez récente de ma réflexion, motivée, justement, par une inquiétude croissante au constat qu’internet d’une part, que la contestation convenue du système d’autre part, attirent de plus en plus clairement des gens en quête de reconnaissance – qui, à ce titre, n’ont rien d’original à dire à part « moi-je ». Pour ce qui concerne mon article controversé, précisons à toutes fins utiles que, le jugeant un peu plus technique que d’habitude, je n’ai même pas pris la peine de le diffuser à ma liste habituelle de correspondants, me contentant de cliquer pour une simple mise en ligne en me disant que les personnes intéressées finiraient bien par le trouver : gagné… On fait usuellement plus caractérisé quand on est principalement concerné par sa notoriété…

Quant à l’auteur du rapport contesté, des quinze lignes pressées qu’il a consacrées à se justifier sur le forum de Prescrire, il ressort essentiellement que :

  • le mot "expert" était textuellement inscrit sur sa fiche de paye de la HAS ;
  • c’est le président de la HAS soi-même qui a accédé à sa demande de rendre publique sa contribution ;
  • le Prof. Dartigues (représentant des fabricants) ne lui a rien opposé [15], tandis qu’un "Professeur de pharmacologie" non nommé a déclaré : "je suis d’accord avec Monsieur N." [16].

Ce qu’il y a de touchant chez ce gars-là, c’est la spontanéité désarmante avec laquelle il a su trouver les mots et les arguments pour réfuter l’insinuation qu’il serait en quête de reconnaissance personnelle...

Statistiques de secte

Quoique j’aie pris grand soin de préciser, dans mon dernier article, que je n’avais aucune prétention à l’expertise dans ce domaine, un constat statistique s’impose : comme me le dit un correspondant, "les réactions ont été unanimes autour de moi : incompréhension, nausée, déception, sentiment de gâchis." C’est bien cette "unanimité" qui pose problème [17].

L’avantage de n’attendre aucune reconnaissance personnelle, c’est que je n’ai besoin de personne pour savoir que tout n’est pas faux dans mon article, quelque controversé qu’il soit : je n’ai pas l’habitude de prendre des positions publiques sur ce que je ne connais pas [18] et (j’y insiste) mes propos sont suffisamment factuels et référencés pour appeler une réfutation sérieuse en cas d’erreur. Il faut donc tenir l’absence d’une telle réfutation pour une confirmation a posteriori [19].

Il y a donc un contraste frappant entre cette absence de toute réfutation [20] et cette unanimité de réprobation : nous sommes clairement dans une logique de secte...

"A ne pas vous relire" conclut rageusement un autre de mes contradicteurs, après avoir dénoncé mon penchant bien connu à la "haine" et au "sadisme". C’est une position forcenée qui ne recoupe pas la mienne : avec toujours la même abnégation [21] , je relirai - et commenterai - toute contribution du FORMINDEP à chaque fois que je le jugerai utile au débat public.

Gâchis ?

Plus digne de considération pourrait être le reproche évoqué à la section précédente que tant d’énergie consacrée aux zélateurs de "l’expertise indépendante durable" correspondrait à un "gâchis" : j’entends ça comme l’idée que compte tenu de tout, je ferais mieux de consacrer l’essentiel de mes forces à l’Ennemi - Big Pharma pour ne pas le nommer. Pour digne de considération qu’il soit, ce reproche appelle trois remarques.

  • Je n’ai jamais caché être un professionnel de l’industrie pharmaceutique - et, à certains égards, fier de l’être. Même si certaines imprécisions d’expression ont pu donner une impression différente, ma bête noire, ce n’est pas "l’industrie pharmaceutique" en tant que telle, mais les ignobles lobbies qui se sont emparés de ce secteur naguère prestigieux à seule fin de prédation : au temps pas si lointain où je n’étais pas encore blacklisté par lesdits lobbies, il m’est arrivé de rédiger - pour le compte d’un fabricant [22] - des réfutations sévères de la revue Prescrire, sans jamais en voir la moindre trace publiée dans ladite revue [23]. Dynamique de secte, disiez-vous ?
  • Mon opposition aux lobbies pharmaceutiques inclut, évidemment, la réfutation de tous ceux qui travaillent objectivement à leurs intérêts. N’en déplaise au "Professeur de pharmacologie" dont l’approbation aurait stériliser ma critique à l’égard de l’expertise célébrée par le FORMINDEP, j’ai de bonnes raisons - documentables sur demande - pour penser qu’un individu qui proclame que les notices Vidal constituent une "source instructive" sur les risques des médicaments, ou encore que "les effets indésirables graves et rares ne peuvent apparaître" dans les études cliniques est un allié objectif de ces lobbies. Idem lorsque, sans en maîtriser aucune, le même prétend poser comme incontournable (ou, au contraire, comme intolérable) telle ou telle méthodologie statistique, alimentant de la sorte le formalisme obscène qui asphyxie la créativité pharmaceutique au jour le jour [24].
  • Il faut avoir la mémoire bien courte pour prétendre me donner des leçons d’engagement politique en matière pharmaceutique. Où étaient Prescrire et ses affidés quand, dès 1995, je prétendais alerter la communauté médicale sur les risques de la campagne vaccinale contre l’hépatite B ? Où étaient les mêmes quand, à peu près vers la même époque, j’étais à Londres probablement seul Français à m’opposer au responsable de l’EMEA (désormais dénoncé par la presse pour avoir reçu de Servier des sommes exorbitantes), m’efforçant de démontrer que ses décisions étaient scandaleusement favorables au fabricant d’isoméride et, qu’à terme, toute mesure frappant les anorexigènes "amphétaminiques" - quoiqu’elles fussent célébrées par Prescrire - ferait le jeu des transferts de prescriptions d’où est directement sortie l’affaire Médiator ? Quelle leçon de précocité, de lucidité ou de clarté ai-je à recevoir de Prescrire ou du FORMINDEP quant à la prodigieuse escroquerie du H1N1 et à la défectuosité patente [25] des vaccins mis sur le marché dans des conditions scandaleuses ? Où était "l’expertise indépendante durable" quand, de nouveau seul, j’affrontais à mes risques et périls l’écrasante volonté du Pôle santé de solder par un non lieu "l’affaire cérivastatine", à elle seule contre-exemple caricatural du leitmotiv de Prescrire et du FORMINDEP sur l’impossibilité de repérer les toxicités graves au cours du développement clinique ? A part à me débiner sur leurs sites ou ailleurs, où étaient ceux qui me reprochent aujourd’hui mon manque de confraternité durant toutes les années où, atrocement seul une fois encore, j’étais harcelé par les fabricants de vaccins contre l’hépatite B dans un jeu de pressions - objectivement alimenté par l’administration judiciaire - qui n’a jamais suscité la moindre réaction de la profession alors que, dans un arrêt excessivement récent [26] voté à l’unanimité, la Cour européenne des Droits de l’homme juge aujourd’hui qu’elles étaient bien "inacceptables" ?

Conclusion

Se consacrer à la Vérité, ce n’est pas revendiquer d’avoir forcément raison contre tout le monde : c’est simplement poser comme a priori qu’aucune autre valeur n’influera sur mes positions - et que rien d’autre que l’erreur documentée ne me contraindra à la rétractation. La Vérité, de toute façon, n’est jamais qu’une asymptote : mais si personne ne peut prétendre l’avoir atteinte, encore faut-il disposer d’un minimum de méthode - je ne parle pas du courage - pour s’en approcher...

Avec sa peau de rhinocéros et son indocilité de tigresse, la Vérité est une maîtresse exigeante, pas vraiment commode : mais malgré leurs indécentes paillettes, leur attirail de plumes trop provocant et l’inquiétante puissance de leurs ignobles souteneurs, ce ne sont pas les danseuses de "l’expertise indépendante durable" qui me donneront envie d’en changer...

[1] Soit dit juste en passant, je ne suis pas le seul observateur de la modernité à déplorer cet envahissement de l’espace public par l’ego : cf. Sofsky, W., Le citoyen de verre. Entre surveillance et exhibition. Paris, Editions de L’Herne, 2011.

[2] A savoir et si j’en crois les bruits qui m’en sont remontés : les forums de Prescrire et du Formindep, où je ne vais moi-même jamais, n’y étant pas inscrit et n’aimant pas les forums de toute façon.

[3] Je relève en passant que quasi systématiques, mes procédures d’anonymisation ne sont pas si inopérantes : la presse contemporaine du présent article fait grand cas de cet ancien responsable de l’administration sanitaire qui a reçu des sommes exorbitantes de Servier et de quelques autres - et sur lequel j’ai tiré à boulets rouges dans plusieurs de mes articles sans que, à l’exception d’une poignée d’initiés, personne ne l’identifie nommément...

[4] "Moi, Moi, Moi, hors de Moi, point de salut !" selon l’un d’entre eux.

[5] "Vos mots suffisants et ridicules (...), votre misanthropie pathologique où s’enracine une haine mal dirigée (...)".

[6] La règle de mesure étant très facile à objectiver : est excessive une présence médiatique qui porte l’intéressé(e) à se prononcer sur des questions qu’il/elle ne maîtrise clairement pas : ça finit pas faire du monde à la fin...

[7] On a déjà connu l’équivalent à l’époque où quelques esprits simplement raisonnables osaient s’étonner que les mêmes reliques du même saint puissent se trouver en divers endroits de la Chrétienté...

[8] Signe des temps : on croit savoir que les enquêtes qui ont précédé la promotion de quelques Modernes par le Vatican ont, elles aussi, été bâclées...

[9] Dans son ouvrage La révolte des élites et la trahison de la démocratie (Paris, Flammarion-Champs essais, 2007 : p. 170-2 et passim), Christopher Lasch analyse bien cette capacité des médias à formater le débat public et à en sélectionner les héroïques porte-voix qui ne remettent rien de sérieux en cause. Dans ses livres postérieurs, Jean-Claude Michéa, grand admirateur de Lasch, reprend la démonstration en l’actualisant d’exemples plus récents, concernant notamment la rapidité avec laquelle la révolte de mai 68 s’est, grâce aux médias, cristallisée sur des bouffons anodins comme Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar (La double pensée. Retour sur la question libérale, Paris, Flammarion-Champs essais, 2008 : p. 166).

[10] Il faut admettre qu’on a déjà vu ça à la fin de l’Antiquité (qui est, à mon avis, le modèle hélas le plus pertinent de notre crise civilisationnelle), quand sous le prétexte de "s’aimer les uns les autres", la cérémonie de l’eucharistie donnait lieu, dans certaines communautés chrétiennes, à d’impressionnantes partouzes : cf. J.T. Noonan, Contraception, Cambridge, Havard University Press, 1965.

[11] Je m’engage formellement à rectifier sans délai toute erreur qui aurait pu se glisser dans mon article.

[12] M. Girard, Médicaments dangereux : à qui la faute ?, Escalquens, Dangles, 2011 : chap. 1.

[13] Dans une affaire visant une grossière erreur de diagnostic sur un tableau pourtant typique d’angiocholite, j’ai vu récemment un expert judiciaire réfuter toute faute médicale au seul motif qu’un professionnel digne de ce nom ne pouvait faire une telle méprise : j’ai proposé au tribunal de solliciter l’insertion du propos au Guinness des perles expertales…

[14] Surtout quand - abstraction faite de tout ego... - le coût personnel exorbitant de telles prises de position est facilement documentable.

[15] Avec une éloquente ingénuité, "l’expert" du FORMINDEP confesse à ses pairs s’être dit, devant un interlocuteur qui lui semble d’un tel acabit, qu’il allait "morfler" s’’il s’était "planté" : d’expérience, on n’a jamais peur de morfler quand on se limite à parler de ce qu’on connaît...

[16] L’argument lui paraît tellement imparable qu’il ajoute aussitôt : "Je ne suis pas sûr que marc girard ait compris celà" (sic pour les minuscules et l’accent).

[17] Si j’avais moi aussi envie d’esbroufer, je dirais qu’il y a une fâcheuse absence d’outlier...

[18] Cette prétention, faut-il le redire, n’ayant rien à voir avec une quelconque prétention à l’expertise des domaines considérés : je me suis assez fait le chantre du contrôle citoyen de l’expertise (et j’ai suffisamment de respect pour l’expertise au moins dans son principe) pour me sentir le droit d’intervenir comme citoyen, doté d’un minimum de culture scientifique, dans une esbroufe grimée en expertise.

[19] Sachant de plus que "l’unanimité" à laquelle mon correspondant fait allusion - et dont j’ai d’autres indicateurs - n’est guère compatible avec une supposée stratégie du mépris.

[20] Hormis, pardon, qu’un "Professeur" de pharmacologie s’est dit d’accord avec notre expert près le Service comptabilité de la HAS.

[21] Attendu que, abstraction faite de toute exhibition égotiste, j’ai dans ma vie nettement plus passionnant, plus poétique et plus jouissif que de me consacrer à l’inventaire bénédictin des déprimantes inepties censées concrétiser "l’expertise indépendante durable".

[22] Moyennant, évidemment, rémunération pour le travail accompli.

[23] Sachant que même dans une dynamique rémunérée, je n’ai pas l’habitude de m’embarquer sans biscuits : par exemple quand, en reproduisant une erreur dans la présentation des résultats, l’équipe de Prescrire démasque que, contrairement à ses beaux principes, elle s’en est tenue au simple abstract de l’article publié...

[24] M. Girard, Médicaments dangereux..., p. 87-94.

[25] France Soir, 26/08/09.

[26] Arrêt 28198/09, 15/12/11.


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